6 mars 2009
Chef de file de la culture bretonne, Alan Stivell sera sur la scène de l'Ellipse, à Moëlan-sur-Mer, samedi, dans le cadre du Festival de la parole poétique. Où il présentera son nouveau spectacle.
Votre venue au Festival de la parole poétique se fait avec un nouveau spectacle. Qu'en est-il?
La précédente tournée a pris fin à Carnac en août, sur la plage de Carnac. Je prépare un nouvel album, qui donnera lieu à une nouvelle tournée. Entre les deux, il y a donc une petite tournée intermédiaire. Intermédiaire à tout point de vue, avec plusieurs titres de l'ancien spectacle et quelques nouveaux morceaux du prochain album. En tout cas, ça me fait plaisir de redémarrer par un concert en Bretagne.
Avec cet esprit fusion, entre musique traditionnelle et rock.
C'est toute mon histoire. Dès l'enfance, j'ai eu envie de faire de la fusion musicale. C'est peut-être pris comme un paradoxe par rapport à la Bretagne, à la celtitude. Il faut garder ce qui est spécifique à la culture bretonne tout en tenant compte des influences variées des autres cultures. Celam'a frappé dès l'enfance. D'oùcette envie de mélanger avec d'autres musiques, cet aspect fusion.
À quoi ressemblera votre prochain album?
Il sera chanté avec des plages musicales. J'ai fait quatre albums instrumentaux, un tous les cinq albums. Comme pour «Explore» (son dernier album en date, NDLR), il sera chanté dans les trois langues, mais il y aura aussi un peu de gaélique. Mais beaucoup de breton.
Vous êtes présenté comme musicien breton, musicien celte. Finalement, n'êtes-vous pas tout simplement un musicien du monde?
D'abord je suis un être humain. Être un être humain, c'est toujours bien de se le rappeler. Onest citoyen du monde, mais aussi citoyen dans le monde dans lequel on vit. J'ai une passion depuis l'enfance pour la Bretagne.
Dans les années 1970 - et ce concert à l'Olympia en 1972 retransmis en direct sur Europe 1 - vous avez été à l'origine de la première vague celtique.
Avant moi, il ne faut pas oublier ce qui existait. Le premier revival ce sont les bagadoù dans les années 50-60 et Glenmor, le premier musicien professionnel. Je faisais moi-même partie de ce revival. Mes premiers récitals datent de 1966, cela a donné envie à des gens, les futurs TriYann, Gilles Servat. En 1970, il y a eu la sortie de «Reflet». En 1972, il y a l'Olympia et le lendemain, tous les Français voulaient devenir Bretons. Ily a eu la deuxième vague avec «Again» et L'héritage des Celtes. Aujourd'hui, il y aura une troisième grande vague pour l'année 2010.
Avec quel esprit?
Plus de Bretagne et plus d'autonomie, mais aussi plus d'énergie de la part des musiciens.
Comment va la musique bretonne aujourd'hui?
Elle est très variée, elle est vivante, mais il n'y en a pas assez dans tous les genres musicaux. On manque de musiciens qui travaillent sur ce que sont les racines de la musique bretonne. Des chants en breton sur des musiques punk ou rap. La musique celtique est importante, mais on tourne un peu le dos à des pays comme l'Irlande ou l'Écosse. Or, on en a besoin pour contrebalancer la culture française.
À L'Ellipse de Moëlan-sur-Mer, à partir de 21h. Tarifs: 20/25/30EUR. Alan Stivell sera notamment accompagné par Loumi Séveno (violon), Gaëtan Grandjean (guitares), Marcus Camus (batterie).
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