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Bretagne

Crise. Du low-cost dans les assiettes

26 février 2009

Moins de 4EUR le menu! Pour faire un pied de nez à la crise, des restaurateurs proposent depuis quelques semaines des formules low-cost. La moins chère, on la trouve à l'Étage, un resto nantais qui facture son premier menu 3,50EUR.

Photo D.D. «Je ne gagne pas un centime avec ce menu de crise, explique Christopher Guénon, le patron de La Cabane, à Saint-Malo, même si ces jours-là, l'addition moyenne avoisine les 6EUR.Certains clients en profitent pour s'offrir un apéro ou une bouteille de vin».

Le low-cost a souvent été l'apanage des gros groupes industriels. En matière de restauration, c'est l'inverse. Car ce mouvement est né dans les cuisines de petits établissements familiaux. Avec ce désir ardent de tordre le cou à la crise en s'offrant, au passage, un petit coup de marketing. Mardi, 14h30, au comptoir de l'Étage, un petit resto nantais, David Bernard et Marie Geffriard (23et 27 ans) font leurs comptes. «Aujourd'hui, on a servi 120 personnes. Soit quatre services». Le menu à 3,50 EUR, qu'ils servent le mardi midi depuis trois mois, fait un tabac. «On s'en sort mieux. Cette formule attire beaucoup de monde. Des gens qui reviennent les autres jours de la semaine pour tester nos autres menus et notre carte».

«Le chiffre d'affaires a quadruplé»

L'affluence est telle que David et Marie embauchent désormais cinq extras certains jours. «Ce qu'on ne gagne pas le mardi, où l'on travaille sans marge, on le rattrape allègrement les autres jours de la semaine. La preuve, depuis début décembre, notre chiffre d'affaires a quadruplé». À l'Étage, on ne compte pas en rester là. Le jeune couple a revu complètement sa carte. Faisant passer le ticket moyen client de 40 à 20EUR. Et tout a suivi: le verre de vin est facturé 2EUR et le café un euro. Prochaine étape, un menu d'appel à 6 ou 7EUR qui sera servi tous les jours de la semaine.

3,90EUR à Saint-Malo

«Douze personnes. Désolé. Je ne peux pas aujourd'hui. Essayez un autre jour». L'oreille collée au téléphone, Christopher Guénon, le patron de La Cabane, à Saint-Malo (35), n'arrête pas de prendre des réservations. «Aujourd'hui, mercredi, je vais servir une quarantaine de menus de crise. Cela fait un mois et demi que je m'y suis mis. Ça marche bien». Aujourd'hui, le client payera 3,90EUR pour un hachis parmentier-salade et une crêpe au sucre. Dans la salle, la clientèle est variée. Employés de bureaux, vendeuses du quartier. Mais aussi ouvriers qui ont flairé le bon plan. Seul au bar, un homme d'une quarantaine d'années au look BCBG exprime sa satisfaction. «Le hachis est bon. La salade et la baguette sont fraîches. Sans ce menu discount, je pense que je n'aurais jamais poussé la porte de cet établissement. À tort car l'ambiance est vraiment sympa». Effectivement, le soleil inonde la pièce. Et la voix de Georges Brassens berce l'assistance. Dans sa cuisine, Christopher s'affaire. «Je ne gagne pas un centime avec ce menu de crise, même si ces jours-là, l'addition moyenne avoisine les 6 EUR.Certains clients en profitent pour s'offrir un apéro ou une bouteille de vin». Pour ne pas perdre d'argent, le jeune patron tire les prix au maximum. Le menu crise, par exemple, n'est pas servi avec les mêmes serviettes. Et rien ne viendra détrôner la crêpe sucre qui régnera toujours en maître sur les desserts. Quel bénéfice Christopher Guénon tire-t-il donc de cette opération? «Primo, je fais du chiffre. C'est un bon signe pour mon banquier. Secundo, je profite de bonnes retombées médiatiques». La preuve, ce matin, à partir de 10h, le jeune restaurateur malouin sera au micro de Service Public, l'émission d'Isabelle Giordano sur France Inter. Un sacré retour sur investissement.

  • Didier Déniel

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