25 février 2009
L'allongement de la durée de vie est un redoutable défi pour le Finistère, département résidentiel. Mais le quatrième âge est aussi un gros gisement d'emplois : 8.750 actuellement.
Les courbes démographiques l'indiquent clairement: le Finistère est le département breton qui va être le plus durablement confronté aux effets du papy-boom. Il faut y voir un reflet de la pyramide des âges mais également de l'attractivité qu'exerce la pointe bretonne sur les néoretraités venus d'ailleurs ou revenant au pays. Le cadre, la qualité de vie et un secteur immobilier encore accessible contribuent à faire du Finistère une destination recherchée des seniors qui ont assuré, ces dernières années, un solde migratoire positif.
80.000 plus de 75 ans
Le vieillissement de la population est synonyme de charges qui vont devenir, au fil des ans, de plus en plus lourdes. Déjà, le conseil général du Finistère est celui qui consacre la plus grosse part de son budget d'action sociale à la vieillesse: 50% environ contre 48,5% pour les autres départements bretons, soit 118millions d'euros. Cette situation tient au nombre élevé de personnes âgées de 75 ans et plus: environ 9%, soit près de 80.000personnes actuellement. Mais le vieillissement a un effet bénéfique sur le marché de l'emploi puisqu'il a été générateur de nombreuses créations, ces dernières années. Aujourd'hui, on estime à 8.750 emplois directs le poids de ce secteur d'activité:6.500 emplois dans les 137structures d'accueil pour personnes âgées (12.500 places environ) et 2.250 emplois dans les différents services d'aide à domicile. Cette montée en puissance s'est doublée d'une politique de formation du personnel d'aide à domicile dont les effets se traduisent dans les chiffres: à l'ADMR(association d'aide à domicile en milieu rural), principale structure dans ce secteur, 50% du personnel actuel bénéficie d'une formation, contre 15% seulement en 2002.
Forte proportion à domicile
Le Finistère se caractérise également par le nombre élevé de bénéficiaires de l'Apa à domicile. 58,5% des allocataires de cette aide personnalisée à l'autonomie demeurent chez eux, proportion la plus élevée de Bretagne. Ce qui explique la densité du réseau de professionnels de santé, notamment les infirmiers libéraux: 142 pour 10.000 Finistériens âgés de plus de 75 ans, contre 108,6 en Bretagne et 84,4au niveau national. Mais ce maintien à domicile suppose une bonne proportion d'aidants familiaux potentiels, généralement de la tranche des 55-65 ans. Le nombre de ces aidants devrait diminuer dans les prochaines années sous le double effet de la baisse du nombre d'enfants par famille (donc moins nombreux pour s'occuper de parents très âgés) et de l'éclatement géographique des familles. Un mouvement qui va devoir être compensé par un élargissement du nombre de places en structures d'accueil.
Les chiffres cités sont extraits de documents de l'Insee, de la Caisse régionale d'assurance-maladie et du Conseil général (2007-2008).
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