24 février 2009
Dur, dur d'être apiculteur en presqu'île de Crozon. Si des professionnels expliquent la baisse de la production par le climat, certains y voient d'autres facteurs aggravants.
Détenir des ruches et produire du miel est une activité de plus en plus rare en Presqu'île. Un travail dur, en extérieur, dépendant de très nombreux paramètres. L'apiculture suscite de moins en moins de vocation, c'est un fait. A la ferme apicole de Térénez, près de Rosnoën, on dresse un tableau plutôt inquiétant du devenir de cette profession. «Les chiffres sont trompeurs. Si les effectifs sont stables sur le secteur de la presqu'île de Crozon et de Châteaulin, il ne faut pas s'en réjouir. On perd les plus petits producteurs car l'activité, même quand elle est un loisir, est très contraignante», insiste Stéphane Brindeau, qui, lui, vit des abeilles.
Deux années catastrophiques
Pour les professionnels, les saisons2007 et2008 sont à oublier. Illustration en chiffres: douze kilos en 2008 au lieu des vingt kilos de nectar habituels pour la production de Stéphane Brindeau. Mais pour expliquer ce phénomène, l'apiculteur n'incrimine pas les impacts humains. «C'est le climat qui est la cause de tout cela. Nous avons eu deux étés catastrophiques. Pas ou très peu de soleil, les abeilles ont eu froidcet hiver et nous avons perdu une grande partie de notre cheptel», reprend l'apiculteur qui a trouvé une solution pour maintenir son commerce à flots. Il a délocalisé 200 ruches près de Sarlat, en Dordogne.
Les traitements chimiques incriminés
A Argol, Alain et Bernadette David ne tiennent pas le même discours. Implanté depuis 2006, après avoir produit du mielenAnjou, ils se battent sousl'étendard de l'agriculture biologique. Selon ce couple, la mortalité des abeilles, fait inhérent aumétierd'apiculteur, est décuplée par l'agriculture dite conventionnelle présente en Presqu'île. «Bien sûr que nous sommes dépendants du temps. Mais il y a aussi un souci de traitement des terres arables. Les impacts ne sont pas négligeables et les traitements chimiques de parcelles ne favorisent pas nos productions», explique le producteur qui détient environ 500 ruches réparties entre les Côtes-d'Armor et le Finistère. Il compte un cheptel important près du Cap de la Chèvre, qui pour lui, est l'un des seuls lieux préservés de tout impact en France. «Les abeilles sont des filtres de l'air. Dans le miel, les pollutions ne se retrouvent pas mais ce que l'on retrouve, ce sont des spécimens morts. Le taux de mortalité admis en 1985 était de 5%. Aujourd'hui, ce taux frôle, voire dépasse les 25%», souligne Alain David. Le rêve pour cet apiculteur, qui recherche avant tout la qualité, serait d'installer des ruches sur l'île d'Ouessant. En résumé, «le lieu le plus à l'ouest et donc le moins pollué»
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