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Economie

Les prix baissent. Faut-il avoir peur de la déflation ?

21 février 2009

Les prix ont baissé de 0,4 % en janvier, tirés vers le bas par les cours du pétrole. L'heure n'est pas pour autant à la déflation.

En moins d'un an, on est passé de l'emballement à la hausse des prix à une baisse spectaculaire. Cette rupture a fait craindre une dévalorisation générale des biens et services qu'on appelle déflation. Aujourd'hui, il ne s'agit que de désinflation, phénomène positif. L'an dernier à pareille époque, l'atmosphère était à rechercher des abus tarifaires dans la grande distribution. La conjoncture était dominée par l'inflation: les salariés demandent des hausses de salaires en prévision de futures hausses de prix. Mais comme les hausses de salaires accroissent les coûts de production, les entreprises anticipent elles aussi en ajustant leurs prix à la hausse afin de préserver leurs futures marges. Et ainsi de suite... La crainte d'une hyperinflation était justifiée. Le prix du baril de pétrole venait de dépasser les 100dollars et il allait monter jusqu'à 147dollars. Les prix des matières premières, y compris ceux de l'alimentation, étaient eux aussi à la hausse. En juin-juillet, le rythme annuel de la hausse des prix était de 4%.

Désinflation pas déflation

Actuellement, avec un rythme annuel de hausse des prix retombé à 1,2%, nous sommes en désinflation: «ralentissement de l'inflation ou baisse ponctuelle du niveau général des prix.» Les causes du phénomène sont identifiées: chute du prix du pétrole et des matières premières dès août; en septembre, les consommateurs restreignent leurs achats ce qui amoindrit la demande; à partir d'octobre le ralentissement de l'économie réelle fait encore baisser le niveau des prix. La désinflation englobe des baisses sur certains produits et des hausses sur d'autres mais elle améliore globalement le pouvoir d'achat.

Spirale déflationniste

La déflation, c'est l'inversion des anticipations inflationnistes: dans l'attente de nouvelles baisses de prix, les ménages reportent leurs achats, ce qui comprime la demande et incite les entreprises à diminuer la production, donc à licencier massivement; l'accroissement du chômage fait baisser les salaires, fondre le revenu disponible des ménages, contracter la consommation. Et ainsi de suite. Pour qu'il y ait déflation, il faudrait que le rythme annuel des prix reste négatif sur plusieurs mois et que l'on constate des anticipations à la baisse. Pour l'instant, la consommation reste soutenue car les rémunérations ont augmenté de 2,7% en 2008, ce qui génère du revenu disponible pour la consommation. Les prix des services continuent à augmenter. Il faudrait la conjonction de plusieurs gros phénomènes négatifs -dont l'échec total de tous les plans de relance- pour que la déflation soit à l'ordre du jour. Pas avant l'automne.

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