19 février 2009
Un amendement au projet de loi Bachelot déposé mardi donnerait le droit aux sages-femmes de prescrire une IVG médicamenteuse. Une nouvelle donne pour cette profession.
«La prescription de l'IVG médicamenteuse ne faisait pas vraiment partie de nos revendications, mais cette disposition a du sens parce que nous sommes des professionnelles de la prévention comme les médecins généralistes, mais aussi face à la démographie médicale», explique Catherine Bertevas, sage-femme cadre supérieur au CHU de Brest. Le projet de loi Bachelot a fait l'objet de plusieurs moutures, l'une d'elles prévoyait déjà la prescription de l'IVG par les sages-femmes, mais cela n'a pas été retenu dans la version finale.
Profession médicale
Les sages-femmes appartiennent à une profession médicale, tout comme les médecins et les dentistes. Leur concours d'entrée est commun. Elles ont donc le droit de prescrire, mais un nombre limité de spécialités. Depuis 2004, elles peuvent rédiger une ordonnance de contraception hormonale, mais seulement juste après l'accouchement. Les frontières de leurs pratiques sont en train d'évoluer face à la pénurie de gynécologues. Les sages-femmes revendiquent notamment de quitter le champ strict de la grossesse en assurant suivis gynécologiques de prévention et prescriptions de contraception hormonale. «La diminution du nombre d'IVG va de pair avec une amélioration des pratiques contraceptives», plaide l'Ordre des sages-femmes. En France, une grossesse sur cinq se termine par une IVG (médicamenteuse dans 42% des cas). En 2004, le taux en Bretagne était de 11,8 pour 1.000 femmes en âge de procréer (14,6 en moyenne nationale et 22 en Ile-de-France).
D'autres régions intéressées
«Actuellement, on répond rapidement à la demande des femmes qui souhaitent une IVG. Un rendez-vous est donné dans la semaine, voire moins en cas d'urgence. Il y a toujours un médecin disponible pour la prescription de l'IVG, nous n'attendons pas cet amendement avec impatience», précise MmeCollon, du centre de planification du CHU de Brest. D'autres régions que la Bretagne devraient cependant être intéressées par l'arrivée de sages-femmes comme nouveaux prescripteurs de l'IVG. Depuis 2004, les médecins généralistes peuvent prescrire l'IVG. Une option bien accueillie dans la région parisienne où de nombreux généralistes ont signé la convention avec un hôpital qui leur permet d'accéder à cette pratique. Il faut en effet qu'une échographie de contrôle soit réalisée après l'IVG. Mais aucun généraliste de la région brestoise n'a fait cette démarche.
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