10 janvier 2009
Nicolas Sarkozy s'est efforcé, hier àStrasbourg, d'apaiser le malaise du secteur hospitalier mais il a exclu de débloquer de nouveaux fonds.Hier, à Strasbourg, Nicolas Sarkozy a présenté ses voeux aux personnels de santé en excluant d'emblée tous moyens supplémentaires pour accompagner la réforme de l'hôpital.« L'argent, il a été mis. Mais est-ce qu'il est parfaitement utilisé ? », s'est-il interrogé depuis l'hôpital civil de la capitale alsacienne, alors que des manifestants réclamaient, dehors, davantage de personnels. Devant médecins et infirmières, le chef de l'Etat a dénoncé la « fuite en avant vers toujours plus de moyens » pour l'hôpital.Entre 1998 et 2008, la France en « a augmenté le budget de près de 50 %. C'est 23 milliards d'euros de plus », a-t-il souligné avant de lancer : « Quel est le budget de la nation qui a augmenté de 50 % sur les dix dernières années ? ».
« L'année des résultats »
Nicolas Sarkozy a défendu le projet de loi Hôpital, patients, santé et territoires, qui sera examiné en février au Parlement. « L'année 2009, ce n'est pas l'année des annonces », mais « l'année des résultats », a résumé le chef de l'Etat. Il a ainsi promis « moins d'attente aux urgences, davantage de maisons de santé » et « une meilleure permanence des soins ». « D'ici à deux ans, nous souhaitons que 90 % de la population puissent être pris en charge par une structure d'urgence dans des délais raccourcis », a-t-il ajouté. Il veut pour cela développer les liaisons par hélicoptère pour les services mobiles d'urgence et de réanimation, et la télémédecine en milieu rural.Alors que plusieurs décès liés à des dysfonctionnements ou erreurs humaines sont intervenus dans les hôpitaux, Nicolas Sarkozy a dénoncé des « polémiques déplacées ». « Les drames récents sont exceptionnels » et « ne sauraient remettre en cause la confiance que la nation porte à l'hôpital et à ses personnels ». D'ailleurs, selon un sondage CSA pour Le Parisien/Aujourd'hui en France, 77 % des Français font confiance au système hospitalier et 72 % aux urgences des hôpitaux publics en particulier.
« Dénué de sens »
Le PS a, lui, dénoncé un discours « dénué de sens puisqu'il se refuse à apporter le moindre moyen financier supplémentaire à l'hôpital public », l'ex-UMP Nicolas Dupont-Aignan, estimant pour sa part que les professions concernées ressentiront « très légitimement un profond sentiment d'injustice ».« Quand on est une infirmière pour 30 patients, il est impossible de faire des soins correctement » , a ainsi déploré u ne des manifestantes de Strasbourg.
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