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Vendée Globe Force 9 dans le Pacifique

3 janvier 2009

Tempête en tête de flotte : 45 noeuds avec rafales à 65 noeuds et des creux de 7 à 9 m. Desjoyeaux, Jourdain, Le Cam, Le Cléac'h et Riou ont encaissé un fort coup de vent, hier.« Le cap Horn se mérite : c'est tout ce qu'il y a avant qui est difficile. L'Indien et le Pacifique font la grandeur d'un Horn ». La phrase est signée Olivier de Kersauson.En ce début d'année 2009, le cap dur se fait désirer et le ticket de sortie des mers du sud se paye cher. Hier matin, Armel Le Cléac'h et Vincent Riou ont été les premiers à encaisser ce front froid.

Force 11 en rafales

Puis, dans l'après-midi, ce fut au tour de Jean Le Cam de sentir le souffle glacial de cette solide dépression générant des vents de 45 noeuds avec rafales à 65. Sur l'échelle Beaufort, 45 noeuds, cela correspond à force 9. Mais 65 noeuds, cela donne force 11, presque force 12.Autant dire un « vent à décorner les boeufs » comme on dit dans les terres. Pourtant, ce n'est pas tant le vent que craignent les marins mais ce qu'ils appellent la « mer du vent ». De ce côté-là, ils sont servis avec des creux de 7 à 9 mètres. Fort heureusement dans le bon sens puisque ce vent est orienté au nord-ouest.

Le Cléac'h en vrac

Si le Vendée Globe 2004-2005 avait été plutôt paisible météorologiquement parlant, l'actuel est plutôt bien corsé. Josse et Dick ont récemment été victimes de croche-pied par des morceaux de glace à la dérive et ont dû renoncer. Hier, c'est le skipper de « Brit Air » qui a bien failli se faire couper une aile. Dans la nuit, son safran sous le vent a heurté un OFNI et s'est relevé. La suite, c'est Armel Le Cléac'h qui la raconte : « J'ai fait le plus grand vrac de ma vie. Le bateau est parti à l'abattée, et tu te retrouves avec la quille sous le vent, le bateau couché sur l'eau. Tu fais l'acrobate pour remettre le bateau à l'endroit ».Coup de chance, le marin de la baie de Morlaix s'en est sorti sans bobo malgré une tête de mât plongée sous l'eau. « L'eau était à 10° C donc je ne pense pas avoir cogné un growler ».En proie à des rafales à 50 noeuds, Roland Jourdain a préféré mettre la pédale douce afin de préserver le bateau jusqu'au Horn.

« C'est un dur à cuirece Bilou... »

« Après le Horn, tout un système météo va changer : l'anticyclone de Sainte-Hélène, le Pot au Noir... Dans la balance, il y aura aussi l'usure du bateau, les petits soucis et le destin ! »Le destin de Desjoyeaux était de repartir des Sables-d'Olonne avec 40 heures de retard, de remonter toute la flotte et de s'emparer des commandes. Cela fait 18 jours que ça dure et, selon, le skipper de « Foncia », « c'est plutôt cool... ».- Et d'avoir un Jourdain qui le suit comme son ombre ?« C'est un dur à cuire ce Bilou... Je le connais bien. Je ne suis pas surpris. Il est très constant ».

Un mois de meraprès le Horn

Desjoyeaux et Jourdain vont glisser jusqu'au Horn, poussés par un flux de 30-40 noeuds. « Ce coup de vent, qui va nous emmener jusqu'au Horn, nous évitera d'aller dans les glaces ».Avec un parcours rallongé de 1.160 milles (lire ci-dessous) à cause d'icebergs, les solitaires ont hâte de sortir du pays de l'ombre. Pour eux, le passage du Horn sonnera comme une délivrance. Dans la nuit de dimanche à lundi, Desjoyeaux devrait y arriver le premier. « Le Horn en tête, cela veut dire que tu as réussi à passer deux mois de mer sans encombre, donc c'est une bonne nouvelle. Pour autant, il ne faut pas s'énerver car, après, il reste encore un mois de mer ».Un mois sur un océan Atlantique semé d'embûches.

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