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Sports

Vendée Globe Chaud devant, froid à bord

4 décembre 2008

Les températures dégringolent, un premier front a accueilli les concurrents dans le 40 e s et si, hier, la journée de transition a été appréciée des solitaires, la nuit dernière et aujourd'hui, ils vont devoir faire le dos rond.« C'est rock'n'roll » du côté de Roland Jourdain, « ça envoie du pâté » chez Jean Le Cam : les skippers ne mollissent pas. Pourtant, les contrées que les solitaires viennent d'aborder, Sébastien Josse et Yann Eliès en tête, ne sont pas très accueillantes. Hier, dans un vent d'ouest 10-15 noeuds, les glissades étaient belles, les empannages aussi : « J'ai fait une pointe à 26 noeuds dans un surf... Tu as deux heures de galère pour remonter la vague et tout juste 30 secondes de plaisir : c'est peu mais c'est déjà ça », lançait le skipper de « Veolia ». Et le Quimpérois a eu raison d'en profiter parce qu'aujourd'hui, ça ne va pas être la même chanson.

« Eviter la roulette russe »

L'atmosphère ne va pas aller en se réchauffant : « Ça s'est drôlement rafraîchi. C'est à l'inverse de chez nous, le vent de sud-sud-ouest fait chuter la température. Cette nuit, elle a dû baisser autour de 10-12º. Celle de l'eau est sous les 10º », annonçait Armel Le Cléac'h, hier, à la vacation. Même constat sur « BT », le bateau du leader qui annonçait 11º sur le pont et sous la quille.Pour éviter un coup de gel à bord des 60 pieds, la direction de course a déplacé la deuxième porte de sécurité : « Les marins savent gérer les tempêtes mais ils ne veulent pas être confrontés à la roulette russe des glaces », disait Denis Horeau, le directeur de course.Mais avant cette deuxième porte, il y avait la première et, surtout, une grosse dépression partie du Brésil qui va rencontrer un front froid et menacer les marins. C'est la deuxième partie de la flotte - de Samantha Davies à Unaï Basurko - qui, la nuit dernière, devait subir le coup de brafougne avec des rafales de 45 à 55 noeuds avec une mer très formée. Les vents vont continuer de forcir (jusqu'à 60 noeuds) et la mer de se lever (jusqu'à 10-12 m de creux) avant d'atteindre les premiers.

Savoir être raisonnable...

Déjà, hier, à l'avant, certains avaient pris un coup de froid : « J'ai fait une belle pirouette (tête de mât dans l'eau) dans la nuit. J'ai réussi à me faire mal et ça m'a refroidi », racontait Vincent Riou, visiblement un peu secoué. Mais le Bigouden en a vu d'autres.Sur « VM Matériaux », ce n'était pas la même ambiance. Jean Le Cam était apparemment très en forme : « C'est l'histoire d'une bande de dix fous et tu te dis : "Jusqu'où ça va aller ?". Il y a un moment où il va se passer quelque chose, c'est pas possible. On est largement à la limite du rouge. C'est pas très raisonnable ». Et pourtant, raisonnable, il va bien falloir l'être aujourd'hui. Aux portes de l'océan Indien, les 40 e s ont décidé d'un accueil peu chaleureux. Et même si la régate bat son plein, il ne faudrait pas casser en prenant trop de risques. En effet, « pour gagner, il faut d'abord finir », disait un certain Michel Desjoyeaux, revenu dans le top 10.Mais s'il va faire froid, que le vent va fraîchir, pour les solitaires, ça va être chaud !

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