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Sports

Vendée Globe Le curseur de l'humeur varie

3 décembre 2008

Dans un vent soutenu, Sébastien Josse mène toujours la flotte du Vendée globe qui fait route vers la Porte des Glaces. Loïck Peyron, qui a glissé à la 5 e place, et Marc Guillemot ont été perturbés par quelques soucis techniques.Drôle de façon de fêter son anniversaire : Loïck Peyron, qui a franchi le cap des 49 ans lundi, a connu une journée agitée à cause d'un gennaker récalcitrant et volage. « J'ai un gennaker qui est tombé à l'eau et s'est enroulé autour de la quille, j'ai mis quelques heures pour le défaire et il va falloir faire une petite grimpette en tête de mât pour libérer la drisse », a raconté le Baulois, d'une voix fatiguée, à la vacation. Une voix qui trahissait une fatigue légitime après ces heures d'effort pour récupérer cette voile qui mesure plus de 300 m².

Eliès « couché »et deuxième

Résultat, le skipper de Gitana Eighty, qui s'est laissé aller à des moitiés de confidences sur « une succession de pépins techniques ces jours derniers », s'est fait déposséder de sa deuxième place par Générali de Yann Eliès. Le comble, le Costarmoricain, en grande forme, avouait avoir choisi l'option bannette ces dernières heures. « 18 noeuds de moyenne dans un sac de couchage, c'est plutôt pas mal », plaisantait-il avant de préciser qu'il s'était mis dans le rouge après le contournement de Sainte-Hélène et qu'il était impératif de récupérer. Ce qui n'a pas nui à la progression de son plan Finot sous pilote et parfaitement toilé pour les conditions.

Stress et sérénité

Cette vacation était celle des contrastes, le curseur de l'humeur oscillant entre sérénité et anxiété. Des hauts et bas à l'image de la houle des mers du Sud. Le stress de Marc Guillemot, aux prises avec des problèmes de pilote et de trajectoire avec son Safran, était palpable : « J'ai fait des embardées dans tous les sens, il n'y a qu'à la barre que ça allait mieux. J'ai changé deux trois paramètres de réglage sur le pilote mais j'ai encore du boulot pour être serein. C'est un peu tendu », avouait le Trinitain pourchassé par Michel Desjoyeaux. Profitant de conditions un peu plus favorables que les bateaux de tête, le « Professeur » a cravaché son Foncia depuis 48 heures et réalisé des scores impressionnants.

Un rythme de Figaro

Le secret de ce retour spectaculaire sur ses adversaires, des heures passées à la barre. « J'ai barré 21 heures 30 à sur 24 heures lundi et la journée d'avant était du même acabit... » Un rythme d'étape d'une Solitaire du Figaro impossible à tenir dans la durée. « Naturellement, je ne peux pas faire un Figaro pendant 90 jours. Je ne pourrai pas tenir cette cadence mais, là, c'était le moment opportun pour essayer de revenir dans le même système météo », expliquait un « Mich' Desj' » en forme. Les milles vont être désormais de plus en plus difficiles à reprendre mais il navigue le couteau entre les dents.Cette sérénité et ce bonheur de régater transpiraient chez Sébastien Josse qui a enfoncé le clou et accru légèrement son avance. Le skipper de BT, qui a vu son premier albatros, affiche une belle assurance. Dans son sillage, la bagarre fait rage et les écarts sont infimes dans le groupe de chasse. Après 24 heures d'empannages éreintants, les solitaires profitaient d'un vent de nord- ouest soutenu (rafales à 30 noeuds) pour surfer vers la première porte des glaces que les premiers devraient atteindre ce matin.

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