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Finistère

Assemblée. Le coup de pompes d'un député breton !

27 novembre 2008

Jean-Jacques Urvoas. Un grand moment de solitude à l'Assemblée quand il s'est aperçu que son amendement visait à défendre les 5 % de contribuables les plus riches de France. <br/>Photo archives Yves Madec

Les socialistes sont-ils victimes de surmenage en ce moment ? À l'Assemblée nationale, le député finistérien Jean-Jacques Urvoas a eu un gros coup de pompes funèbres !La guerre des Roses a, de toute évidence, vidé les batteries de certains élus socialistes. Jean-Jacques Urvoas, le sémillant député PS quimpérois, a été tellement sollicité ces temps derniers, que son esprit d'ordinaire si brillant, donne quelques petits signes de fatigue. Même la ministre Michèle Alliot-Marie en rit encore !

Exonération fiscale

À l'Assemblée nationale, Jean-Jacques Urvoas s'est investi dans le projet de réforme de la législation funéraire. Au nom du PS, c'est lui qui intervient sur ce dossier lourd et complexe, pour lequel il a proposé plusieurs amendements dont l'un vise à relever l'exonération fiscale pour frais d'obsèques.Le montant que les familles peuvent actuellement déduire d'une succession, pour les funérailles, est de 1.500 €. Jean-Jacques Urvoas, dans un bel élan du coeur, propose donc, en séance de l'Assemblée, que cette exonération soit désormais portée à 3.900 € pour tenir compte du dérapage des prix.Le président de la Chambre se tourne alors vers le rapporteur de la commission pour lui demander son avis. Et là, un léger flottement s'installe lorsque Philippe Gosselin, rapporteur en question, explique que « les textes prévoient déjà une exonération de la plupart des successions, soit environ 95 % ». Autrement dit, la proposition du député socialiste ne concernerait que 5 % des contribuables. Et pas les plus nécessiteux. Oups !

Au secours des plus riches

Dans ces cas-là, on se sent un peu seul. Et il ne faut pas compter sur les camarades de Chambre pour vous épargner.Interrogée par le président sur cet amendement, Michèle Alliot-Marie, présente au banc des ministres, embraye : « Si M. Urvoas veut aider les personnes qui font partie des 5 % les plus riches... ». Jean-Luc Warsmann, le président de la commission des lois, accélère : « Il veut aider les plus gros contribuables du pays, quoi ! ». MAM passe la cinquième : « Mais je ne suis pas certaine que c'est bien ce qu'il souhaite ». Jean-Luc Warsmann insiste : « Cet amendement s'adresse aux 5 % des Français qui ont les plus gros patrimoines (« Peut-être sont-ils socialistes », lance un député dans la salle !) et je ne pense pas qu'il réponde à une priorité ».Le président de séance interroge Jean-Jacques Urvoas pour savoir s'il retire son amendement. « Je suis toujours très sensible aux arguments du président Warsmann », biaise joliment le député.« Sans doute avez-vous commis une erreur de jeunesse, monsieur Urvoas », lui lance le président.« Pas du tout, il s'agit du souci de bien faire », plaide le député, en retirant son amendement.Moralité : après ces journées agitées, il est temps que les élus socialistes prennent un peu de repos. Et que la guerre des Roses soit définitivement enterrée !

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