21 novembre 2008
« Réformateur, social-démocrate et européen de conviction ». Ainsi se définit Marc Coatanéa, 35 ans, devenu, hier soir, le nouveau patron finistérien du PS, « un parti de militants, précise-t-il, pas seulement là pour applaudir... ».Élu, hier soir, sans concurrence (le maire « royaliste » de Moëlan-sur-Mer Nicolas Morvan ayant jeté l'éponge mercredi soir), le Brestois Marc Coatanéa prend le relais du Quimpérois Jean-Jacques Urvoas à la tête du PS finistérien, où son prédécesseur, député de Quimper depuis 2007, officiait depuis cinq ans.Bien que le second ait soutenu Martine Aubry, dans la perspective du congrès de Reims, alors que le premier optait pour Bertrand Delanoë, les deux hommes ont beaucoup en commun. En premier lieu, d'être tous deux d'inspiration rocardienne, principal courant socialiste depuis trente ans dans le Finistère. Le fait d'avoir été séparés le temps d'un congrès n'a en rien entamé l'estime que le cadet porte à son aîné : « Avec 2.800 adhérents, se félicite Marc Coatanéa, le PS finistérien se porte bien, notamment grâce à l'action de Jean-Jacques ».
Adhérentdu creux de la vague
Marc Coatanéa ne s'est pas engagé au PS alors que fleurissaient les roses : militant depuis mars 1993, « annus horribilis » pour les socialistes, le nouveau premier secrétaire se souvient d'une campagne législative très difficile, cette année-là, « avec Marylise Lebranchu, dans le Léon, dans la neige et le froid... Ça vous forge le caractère », en sourit-il aujourd'hui. Suit un premier poste de responsabilité au sein de la section PS de la commune de Bohars, près de Brest, où il est encore étudiant à l'époque : « Nous étions cinq adhérents... Quand il a fallu désigner une tête de liste aux municipales de 1995, c'est sur moi que c'est tombé. L'élection était ingagnable, mais ça reste un bon souvenir ».Devenu Brestois en 1997, Marc Coatanéa y assure, encore pour quelques jours, le secrétariat du comité de ville. Conseiller municipal depuis 2001, il est, depuis mars, adjoint au maire de Brest en charge de l'action sociale. Tout en ayant « tenu à conserver une activité professionnelle », au sein de la société de transports en commun brestoise Bibus, en tant qu'agent d'accueil.
Redonner du poidsaux militants
Lucide sur l'état actuel du PS au plan national, le nouveau premier secrétaire fédéral le juge « inaudible et divisé ». Hostile à en faire un « parti de supporters », il entend s'appuyer sur les militants socialistes pour « reconstruire une force de propositions. Pour ça, il faut que les militants aient du plaisir à se retrouver, à travailler ensemble, qu'ils ne soient pas seulement là pour applaudir. Ils seront saisis directement sur tous les enjeux stratégiques pour le parti : méthode de désignation de nos candidats, parité, cumul des mandats, alliances... ».Sur ce point-là non plus, Marc Coatanéa n'est pas précisément un « ségoliste ». Pas question pour lui de faire alliance avec le MoDem : « Si Bayrou avait choisi d'être clairement anti-sarkozyste à la présidentielle, les choses auraient peut-être pu être différentes, estime-t-il, mais sur l'économie ou le social, le MoDem, aujourd'hui, est incontestablement de droite. Et donc incompatible avec un projet socialiste ! ».
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