18 novembre 2008
Au regard des niveaux de recouvrement des cotisations salariales versées par les entreprises, l'activité économique s'est maintenue en 2008 dans le Sud-Finistère. L'Urssaf préfère cependant prendre les devants et va créer une cellule de crise.Le 5, le 15 ou le 25. Ces dates sont bien connues des entreprises de plus de neuf salariés. C'est en effet à ces échéances que les 2.353 cotisants commerçants, artisans et industriels de Cornouaille versent, chaque mois à l'Urssaf, leurs cotisations salariales.C'est aussi le 15, une fois chaque trimestre, que les 7.601 entreprises de moins de neuf salariés versent leurs cotisations qui vont alimenter les caisses de la sécurité sociale (*).
Légère baissedes recouvrements
En 2007, l'Urssaf du Sud-Finistère a recouvré 897 millions d'euros, toutes cotisations confondues. À elles seules, les cotisations salariales versées par les entreprises représentent 80 % de ce montant atteignant les 700 millions d'euros. « Au 30 septembre, nous constatons une légère baisse des sommes encaissées. Nous sommes à moins 300.000 », indique Henri-Alain Le Fèvre, directeur de l'organisme paritaire.Difficile pour l'instant de tirer un enseignement de ce recul d'un peu moins d'un demi-point. « C'est encore trop tôt pour dire s'il s'agit d'une baisse de l'emploi. Depuis janvier 2008, les entreprises de plus de 2.500 salariés ne versent plus leurs cotisations chez nous mais à l'Urssaf de Nantes », note-t-il. C'est ainsi le cas pour Doux et pour Bigard. Par contre, l'Urssaf du Sud-Finistère a récupéré quelques autres entreprises disposant de plusieurs établissements.
Hausse des demandesde délais de paiement
Signe cependant d'une certaine fébrilité économique, l'Urssaf du Sud-Finistère note en 2008 une augmentation de nombre de demandes de délais de paiement. « Nous en avions 301 en 2007 jusqu'au troisième trimestre, nous en sommes à 344 cette année », indique Henri-Alain Le Fèvre, soit une progression de 12,5 %. « Ce n'est pas négligeable, mais ce n'est pas la crise ».Ces demandes de reports touchent essentiellement le commerce et l'artisanat, précise-t-il. « Actuellement, nous n'avons pas eu à effectuer d'inscriptions de privilèges auprès du tribunal de commerce pour des PME ou des grands comptes en raison de difficultés identifiées à la crise », ajoute-t-il.
« Anticiper la crise... »
La crise, l'Urssaf du Sud-Finistère souhaite cependant l'anticiper en créant préventivement une « cellule de crise ». « Nous devons être prêts à adapter notre comportement », dit Yves Chatalen (UPA), président de l'organisme qui participe au comité de suivi mis en place par la préfecture. « Nous devons réfléchir à redéfinir notre politique d'octroi de délais de paiement, de recouvrements forcés, de contrôles, créer un point d'entrée direct à l'Urssaf pour les entreprises qui connaîtraient des difficultés liées à la crise », détaille-t-il. Le 12 décembre, il va ainsi proposer la mise en place d'une commission au sein même du conseil d'administration comprenant les représentants des syndicats de salariés de l'organisme paritaire.* Données 2007
© Copyright Le Télégramme 2009