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Morbihan

Médias. Le grand big-bang

14 novembre 2008

Aujourd'hui, il est impensable pour un journal de ne pas être sur internet. Et la toile n'est pas l'apanage des grands titres nationaux. La preuve, Le Télégramme, comme d'autres quotidiens régionaux, y est déjà. « Le web ne vient pas voler le lectorat, il satisfait le public autrement. Il est complémentaire », selon Olivier Clech, rédacteur en chef au Télégramme. <br/>Photo Claude Prigent

La presse écrite a-t-elle encore un avenir ? Internet règne-t-il en maître sur l'information ? Autant de questions que journalistes et professionnels des médias se sont posées, hier, à Lorient.La presse écrite existera-t-elle toujours dans vingt ans ? La question mérite d'être posée. L'avènement d'internet dans les années 1990 a été une véritable révolution. Un big-bang dont on ne mesure pas encore complètement les conséquences.Aujourd'hui, une chose est sûre, le web est incontournable. Pour autant, internet n'est-il pas papivore ? En d'autres termes, les journaux actuels (papiers) ont-ils encore un avenir ?Internet, c'est une chose. D'autres vecteurs de communication pointent le nez. Les spécialistes parlent déjà de Global média. L'information sur votre mobile n'est plus un mythe...De tous ces sujets, il a été question, hier, au colloque organisé par Lorient technopôle innovation, le pôle image et réseaux et Polim@. Thème de la rencontre : « Quelles mutations pour nos médias ? ». Une journée qui a regroupé une quinzaine de spécialistes, journalistes, blogueurs et universitaires...L'avenir de la presse écrite passe-t-il par le web ?« Tous les quotidiens se sont lancés sur le net, car ils n'ont pas le choix, c'est l'avenir. Internet, c'est une nouvelle source d'information. Le web, c'est la presse écrite mais vivante ».Un brin provocateur, Philippe Brochen responsable éditorial de Libé.fr, ne renie pas son passé de « journaliste papier ». Simplement, il mesure combien la toile est plus réactive que le support classique. « L'information circule dans les deux sens. L'outil est partagé par tout le monde. Tout le monde peut publier et tout le monde peut se dire, je suis journaliste. Ce que les journalistes professionnels ont du mal à entendre ».Il est donc impensable pour un journal de ne pas être sur internet. Et la toile n'est pas l'apanage des grands titres nationaux. La preuve, Le Télégramme, comme d'autres quotidiens régionaux, y est déjà, chacun montant en puissance.« Le web ne vient pas voler le lectorat, il satisfait le public autrement. Il est complémentaire », analyse Olivier Clech, rédacteur en chef au Télégramme.Demain donc, l'information vous l'aurez toujours dans votre journal, au petit-déjeuner. Simplement, elle se prolongera et s'alimentera sur internet. En attendant encore une fois de la suivre sur votre mobile.La télévision est-elle morte ?Les chiffres sont là, la télé classique est en perte de vitesse. Certes, elle subit de plein fouet la concurrence de la TNT, du satellite. Mais surtout, la jeune génération surfe sur internet plus qu'elle ne regarde la télé.Le mobile et le web, voilà « les doudous des moins de 25 ans », ironise Olivier Milot, de Télérama.Pour inverser la tendance, les chaînes développent la vidéo à la demande sur internet, tentent de réduire les coûts de production et regardent du coin de l'oeil l'émergence de la télévision sur le téléphone mobile.Si les chaînes traditionnelles ne croient pas vraiment à l'avenir de ce nouveau média, l'opérateur Orange, lui, en fait son fer de lance. La télévision sur mobile et interactive, voilà l'un de ses credos. « Aujourd'hui, nous en sommes à l'âge de pierre, mais d'ores et déjà, la croissance est énorme », se réjouit Renan L'Helgoualc'h, d'Orange.Le blog superstars ?Les premiers blogs sont apparus en 2001. Désormais, chacun a son blog. Même les journalistes. Pierre-Yves Lautrou, de l'Express, en est un fervent défenseur. « C'est d'une grande souplesse. Mon blog sur la voile prolonge mon travail sur le papier, et c'est interactif ».En clair, les lecteurs lui écrivent et pas toujours pour le féliciter. Ils lui apportent aussi de l'information. À lui de la vérifier. Bref, de faire son travail de journaliste. Une profession dont on connaît mal les futurs contours.

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