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Sports

Vendée Globe Le plaisir de la glisse

13 novembre 2008

Après les montagnes russes du Golfe de Gascogne place à la glisse sous le soleil. Sébastien Josse emmenait, hier, la meute qui plongeait sur Madère. Après la guerre du Golfe (de Gascogne) qui a laissé des traces et éliminé quelques gros clients de ce sixième Vendée Globe, la course a pleinement repris ses droits dans des conditions agréables. Hier, après avoir récupéré du stress et du mal de mer et fait le ménage à bord, les solitaires savouraient les conditions de glisse au portant sous le soleil sur une mer enfin assagie.« Un peu de glissade et c'est bien agréable. La femme de ménage est passée dans la véranda, elle a étendu le linge. La lune éclaire bien les voiles et c'est une belle nuit à vivre en mer ; quelques cargos, quelques dauphins, un peu de musique... Bref, c'est top ! », confiait, dans un petit email du matin, Arnaud Boissières (« Akena Vérandas »), sorti sans encombre de ce premier round de furie.

Josse chef de file

La régate n'en perdait pas pour autant ses droits pour des solitaires désormais entrés dans le rythme de ce tour du monde. Une première bataille stratégique se jouait en tête. Pour les leaders, il s'agissait de négocier au mieux leur empannage au large de l'archipel de Madère. Hier, Sébastien Josse (« BT »), qui s'était décalé dans l'est, était le premier de cordée depuis la fin de matinée. Le skipper de « BT » progressait à 12-13 noeuds sous spi. « Pour le moment, les conditions météos sont plaisantes : 15-20 noeuds au portant avec une houle de deux mètres... Maintenant, la vie à bord est nettement meilleure. C'est la première fois que j'ouvre mes sacs quotidiens de nourriture et j'ai pris mon premier repas chaud hier soir (mardi soir). Je suis heureux d'être premier, mais il va falloir attendre l'empannage pour voir exactement ce qu'il se passe. Il se peut que le groupe de poursuivants me repasse devant. Mais le plus important est que je sois dans le top 5. Le reste, on verra plus tard... », confiait-il. Jean-Pierre Dick, calé dans l'ouest avec plusieurs autres concurrents, était deuxième. A la faveur de la bascule au nord-est, le skipper de « Paprec Virbac 2 » était donc susceptible de reprendre les rênes à court terme.

Le Cam à l'attaque

Suivaient Loïck Peyron (« Gitana Eighty »), Roland Jourdain (« Véolia »), et Jean Le Cam (« VM Matériaux ») revenu comme un avion dans le peloton de tête. Après avoir esquivé la tempête, le « roi Jean », un peu en retrait dans ce premier acte tumultueux, avait à la fois retrouvé son appétit pour engloutir un cassoulet au menu du jour et son appétit de compétiteur. Sous spi, le 60 pieds fuschsia, également à l'est, dévorait les milles et avait grappillé quatre places en l'espace de quatre heures pour pointer au cinquième rang à une quinzaine de milles du leader à 16 h. « Le bateau est « chargé » (ndlr : très toilé) et il faut être dessus. Je suis pieds nus et sans ciré à la barre. Il fait bon sous les nuages et tout va bien », confiait un Le Cam retrouvé.Cette journée avec l'attente de la rotation du vent était hautement tactique. Cet empannage était important pour la suite, chacun cherchant à trouver le meilleur angle pour glisser le long de l'anticylone des Açores, parer Madère et filer vers les Canaries bâbord amure. Le tout en pensant déjà au Pot au Noir. Pas de quoi troubler les bizuths. « Je ne pense pas que la course se joue là », lâchait Jérémie Beyou (« Delta Dore ») serein et parfaitement dans le match tout comme son copain de la baie de Morlaix Armel Le Cléac'h (« Brit Air »).

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