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Sports

Vendée Globe Après la guerre, l'armistice !

12 novembre 2008

Après le mode « survie », les skippers, épargnés par la tempête, sont passés en mode course. Celle-ci a repris ses droits dans des conditions bien plus agréables.Une fois encore, on a pu vérifier que le golfe de Gascogne était l'une des pires zones de navigation du globe. Souvenez-vous de la déroute du Rhum 2002 et cette terrible tempête qui avait retourné les trimarans Orma comme des crêpes. Lorsque le vent souffle fort (45-55 noeuds), que la longue houle vient buter sur le plateau continental, passant de 2.000 à 150 m, ça lève une mer énorme, casse-bateaux.Ces dépressions sont fréquentes à cette période de l'année mais lundi soir, les marins ont tous été surpris par sa violence, notamment lors de la brutale bascule du vent au nord-ouest. « Une taille XL, une belle prune dans la tronche », selon Roland Jourdain.

Pas faire d'amalgame

Que des mâts neufs (« Groupe Bel » et « DCNS ») tombent, cela interpelle forcément. Pourtant, il convient de ne pas faire d'amalgame entre toutes ces avaries. Il n'y a, en effet, aucun rapport entre une panne électrique (Wavre), un moteur inondé (Desjoyeaux), un bout-dehors cassé (Stamm), un panneau de pont arraché (Dejeanty) et des mâts qui cassent (De Pavant, Thiercelin et Bestaven).

Deux jours et patatra !

>Avec autant de bateaux engagés et des conditions très musclées d'entrée> de jeu, cette casse n'a rien d'exceptionnelle. Elle marque les esprits mais elle était un peu prévisible. « C'est presque habituel », estime même Alain Gautier, le monsieur sécurité du Vendée Globe.On le sait, le mât est le talon d'Achille des Imoca, sorte d'immense épée de Damoclès au-dessus des têtes : sur le circuit, rares sont ceux qui n'ont pas connu un jour des problèmes d'espar.La voile est, rappelons-le, un sport mécanique où la casse fait partie du jeu. Les marins le savent et l'acceptent. En revanche, pour un sponsor qui a mis 7-8 millions d'euros sur la table (ndlr : 3 millions d'euros pour la construction du bateau + 1 à 1,5 million d'euros par an pour le fonctionnement), la pilule sera plus difficile à avaler.On devinait qu'il y aurait des sponsors déçus à l'arrivée de ce tour du monde, où on ne retient souvent que les noms des trois premiers, mais de là à les voir faire la grimace après deux jours de course...

Jourdain en tête

Fort heureusement, la grande majorité des concurrents n'ont pas cassé. Officiellement, seuls trois skippers ont abandonné.Après la guerre des tranchées, la course a déjà repris ses droits, hier. Au passage du Cap Finisterre, le vent est passé au nord-ouest en mollissant. Du coup, les skippers ont apprécié de glisser sous spi, au large de la Galice, sur une mer plus calme. Et sous le soleil. « Nous avons vécu l'enfer ! », disait hier, Jean-Pierre Dick qui a été malade pendant 36 heures.« Ça fait du bien quand ça s'arrête. J'ai eu un léger mal de mer, histoire de vomir le stress du départ », avouait également Roland Jourdain.Jourdain, Dick, Peyron, Josse, Riou et Le Cléac'h : ces six-là ont pris le bon wagon. Eux, ils sont déjà repassés en mode « régate ».

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