4 novembre 2008
Le gouvernement camerounais a émis , hier, des doutes sur l ' identité et les motivations des ravisseurs des dix otages, parmi lesquels figurent deux Bretons .« L ' existence médiatique de ce fameux groupe - des Bakassi Freedom Fighters (BFF) - est avérée , mais il faut maintenant vérifier son existence réelle et savoir ce qui se cache derrière » , a affirmé une source proche de la présidence camerounaise sous couvert de l ' anonymat. « Beaucoup de missions de la Commission des Nations unies (chargée du suivi du processus de rétrocession de Bakassi au Cameroun par le Nigeria) sont descendues sur le terrain, mais à aucun moment, on n ' a relevé l ' existence d ' un groupe qui s ' appellerait les BFF » , a-t-elle ajouté.La radio gouvernementale a , de son côté , annoncé que le gouvernement ne connaissait pas le mouvement.
Les preneurs d'otages veulent être pris au sérieux
« Elles (les autorités camerounaises) disent ne pas me connaître ? C ' est de la diplomatie politique, a rétorqué le chef des BFF, le commandant Ebi Dari. Elles ne veulent pas admettre le fait qu ' il y a une lutte à Bakassi. Il y a une lutte et elles le savent » , a-t-il ajouté, rappelant que son groupe avait « déjà tué des soldats » . « Les autorités ne nous ont toujours pas contactés , a-t-il précisé . J ' ai été clair : je garderai les otages tant que le gouvernement du Cameroun ne me contacte pas et ne parle pas avec moi » , a-t-il conclu. De son côté, Paris se montre très discret. Frédéric Desagneaux, porte-parole adjoint du ministère français des Affaires étrangères, a néanmoins précisé , hier, que le Quai d ' Orsay « reste pleinement mobilisé » . La secrétaire d ' Etat chargée des Affaires étrangères et des droits de l ' Homme Rama Yade s 'est entretenue dimanche et hier avec le ministre camerounais des Relations extérieures Henri Eyebe Ayissi.
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