10 octobre 2008
Les soldats morbihannais morts pendant la guerre d'Algérie ont leur mémorial. Le monument, qui rappelle un cromlech celte, a été inauguré, hier, à Vannes.Ce sont sept stèles en granite de Bignan et qui portent toutes une plaque en bronze où sont inscrits 270 noms. Ce sont ceux des soldats « morts pour la France » en Algérie mais aussi dans les combats du Maroc et de la Tunisie, entre 1952 et 1962. « 55 % d'entre eux avaient moins de 22 ans et trois moins de 20 ans », a rappelé, hier, Jean-Luc Fredet, lors de l'inauguration.Une cérémonie imposante avec de nombreux officiels, des détachements du 3 e Rima de Vannes, de fusiliers marins commandos de Lorient, de l'école spéciale militaire de Saint-Cyr-Coëtquidan, de la gendarmerie et de l'armée de l'air, en présence de 300 porte-drapeaux, d'un millier d'anciens combattants, de 400 membres des familles des disparus et aussi de harkis. Il ne manquait que Jean-Marie Bockel, secrétaire d'État à la Défense et aux Anciens combattants qui avait dû se décommander en raison d'une mission de dernière minute, à Athènes.
Un projet de 150.000
« Ce mémorial a pu se réaliser grâce à l'union de toutes les associations oublieuses de leurs différences », a ajouté le colonel Fredet, président de l'association à l'origine du projet lancé il y a trois ans. Une commission s'est mise au travail, pour retrouver tous les soldats tués lors de cette période. Il a fallu consulter les registres dans toutes les mairies du département et faire des recherches dans les archives du ministère de la Défense.Le mémorial a coûté 150.000 . Le conseil général du Morbihan et le conseil régional ont apporté 50.000 . Des communes, des particuliers, des entreprises et le Souvenir français ont également participé au financement.
Des années tragiques
Les sept stèles ont été érigées sur le plateau de La Garenne, à Vannes, à côté des monuments à la mémoire de la guerre 14-18 et de celle de 39-45. La courbure de leur alignement rappelle les cromlechs du néolithique.« Il aura une grande importance pour les générations futures », a dit Joseph Kerguéris, président du conseil général, rappelant « notre devoir de mémoire ». « Des années qui furent tragiques car trop vives étaient les passions », a déclaré François Goulard, député-maire de Vannes, avant de rappeler que « notre pays a établi avec les États d'Afrique du Nord des relations apaisées ». « Ces hommes ont leur place dans le cortège glorieux des fils de France morts au combat », a ensuite souligné le préfet, Laurent Cayrel.En 2001, le Morbihan avait inauguré, à Lauzach, un monument consacré aux morts en Indochine et Extrême-Orient.
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