30 septembre 2008
En jouant les monte-en-l'air chez le parfumeur Jean-Paul Guerlain, à Lézardrieux (22), il a sacrément manqué de nez ! Jugé, hier, à Guingamp, le cambrioleur, en état de récidive, a écopé de quatre mois de prison ferme.Comme la plupart des habitants de Lézardrieux, il savait que l'humble masure côtière qu'il s'apprêtait à visiter appartenait à Jean-Paul Guerlain, l'héritier de la plus vieille maison française de parfum.Une résidence secondaire devant cacher bien des trésors se disait le prévenu qui, hier, était jugé en comparution immédiate par le tribunal correctionnel de Guingamp. Poursuivi pour récidive de vol avec effraction et recel, l'homme âgé de 55 ans a d'abord fait sa mauvaise tête lors de sa garde à vue. Mais hier, changement de ton. À la barre, le prévenu aux bonnes manières retrouvées a expliqué qu'il dirait tout sur ce qui s'est passé le 26 septembre. Ce jour-là, donc, celui qui vit d'une pension d'invalidité parvient à neutraliser le système d'alarme. Au pied-de-biche, il fracture ensuite la porte. Rapidement, l'apprenti Arsène Lupin jette son dévolu sur trois tableaux de peu de valeur. Il a également le béguin pour une série de statuettes en ivoire. Problème, après avoir décroché les croûtes du mur, le voleur doit se résigner à n'en emporter qu'une seule. Question de taille.Sa voiture est garée sur les quais de Lézardrieux. Avant de mettre les bouts, il échange quelques mots avec un commerçant. Perturbé par la rencontre, il en oublie derrière lui son sac à fric-frac, un balluchon jaune et bleu aux couleurs d'une grande marque d'ameublement suédoise.À l'intérieur, le commerçant y trouve matière à soupçons d'autant que la rumeur d'un cambriolage chez Guerlain circule bientôt. Alertée, la gendarmerie remonte rapidement jusqu'à l'auteur présumé des faits qui recèle son butin chez lui. Son domicile est une brocante aux pièces d'origine douteuse. Mieux, un garage qu'il loue sous une fausse identité, cache des pièces provenant de deux vols datant de début septembre.« Je regrette profondément ce que j'ai fait », s'excuse à la barre le prévenu à la santé fragile. En sanglots, il témoigne de difficultés financières et de problèmes de couple. Le tribunal entend sa détresse. Michel Coulom écope de quatre mois de prison ferme.
© Copyright Le Télégramme 2009