29 septembre 2008
Responsable de 300 décès chaque année dans le Finistère, le cancer colorectal n'a qu'un seul ennemi : un test de dépistage à effectuer dès l'âge de 50 ans.La deuxième campagne finistérienne de dépistage organisé du cancer colorectal s'est achevée le 6 septembre. Ses résultats inquiètent les responsables de l'Adec 29 qui coordonne la lutte contre ce fléau, cause de la mort de 300 personnes chaque année dans le Finistère, principalement chez les 50-74 ans. Non pas que les analyses révèlent un pic de cas positifs mais la participation - l'association contacte systématiquement les Finistériens dès leur 50 e anniversaire - a enregistré une chute libre par rapport à la campagne initiale. « Le taux a décru de 50 % à 35 %. Plus du quart des personnes ayant participé à la première campagne n'ont pas répondu à notre seconde invitation », déplore le docteur Yves Le Foll. « Or, la répétition de ce test, qui est gratuit, reste une condition indispensable à son efficacité. Environ 500 personnes n'ont pas pu bénéficier de la détection d'une lésion précancéreuse ou d'un cancer. Ceci pourrait compromettre notre objectif, à savoir une réduction significative de la mortalité ». Le cancer colorectal est la deuxième cause de mortalité après celui des poumons.D'où la décision, en coopération avec les caisses d'assurances maladie, la Ddass et le conseil général, de lancer une nouvelle campagne étalée sur deux années : test et questionnaire simple en constituent la base.Le dépistage, qui consiste à découvrir l'éventuelle présence de sang dans les selles, est actuellement le seul moyen de prévenir cette pathologie on ne peut plus sournoise. « Il peut se passer dix ans entre la croissance d'un polype et le déclenchement du cancer. Et les femmes sont, à peu de nuances près, aussi concernées que les hommes », rappelle le professeur Gouérou. « Il n'y a aucun signe avant-coureur, aucune manifestation clinique ». Seuls des antécédents familiaux peuvent mettre les médecins sur la piste des polypes. « Plus il est gros, plus il a de risques de contenir un cancer. D'où la nécessité d'intervenir rapidement ». Aujourd'hui, la solution passe par une ablation pure et simple de l'excroissance dangereuse et un suivi bisannuel.« Non seulement, on évite le cancer et ses conséquences désastreuses, mais on fait oeuvre collective », appuie Antoine Bourdon, de la CPAM. « La première année de traitement d'un cancer coûte environ 28.000 ».
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