29 septembre 2008
Ça ne rigole plus pour les casinos. L'été n'a pas été bon. Après l'interdiction de la cigarette, ils font les frais de la réduction des dépenses de loisirs. « Une situation alarmante », disent les professionnels.« Il y a une cassure depuis le mois de juin ». Directeur du casino de Carnac (56), Christian Sigler fait le même constat que la plupart de ses collègues bretons. Dans cet établissement du groupe Barrière, ouvert en 2002, on n'avait jamais vu ça. Le recul du chiffre d'affaires est de 10 %.Au casino de Bénodet (29), les chiffres sont à peu près du même ordre. Sur la saison, la baisse de fréquentation en semaine a été de 9 % et de 8,8 % le week-end. Juillet et août ont enregistré 49.000 entrées contre 53.600 pour les mêmes mois de 2007. « Les gens viennent moins souvent, observe Valérie Bouchon, la directrice. Et ils dépensent moins. Ce que l'on appelle le produit par entrée, c'est-à-dire la différence entre les mises et les gains, est en baisse de 17 % ».
Une baisse d'activitéde plus de 12 %
Dans les Côtes-d'Armor, le casino du Cap Fréhel semble moins souffrir. Son directeur, Hugo Corbillé, parle d'un « petit fléchissement », de l'ordre de 4 à 5 %, mais « rien de dramatique », assure-t-il. « Ça va moins bien mais on s'en sort quand même », observe, pour sa part, Jacqueline Rampillon, la directrice du casino de Plouescat (29).Même si, ici ou là, un casino peut échapper à la tendance, tous les établissements de jeux aujourd'hui souffrent. Le syndicat patronal Casinos de France, qui représente 104 des 197 casinos français, parle d'une baisse d'activité de 12,6 % au cours des huit premiers mois de l'année avec, pour certains, des baisses qui peuvent atteindre les 25 %, voire plus.Les 13 casinos bretons semblent toutefois mieux résister. Ainsi, les six établissements régionaux du groupe Barrière sont à -10 % alors que sur l'ensemble du groupe, la baisse est de 18 %.
600 clients perdus
Cette tendance à la baisse ne date pas de cet été. Elle a débuté bien avant. Pour les professionnels du secteur, c'est au moment de l'entrée en vigueur de l'interdiction de fumer dans les lieux publics que le renversement de tendance s'est fait. « Malgré deux espaces fumeurs, les entrées ont commencé à chuter dès janvier », observe Valérie Bouchon. Le contrôle d'identité à l'entrée, obligatoire depuis 2006, a également un impact : « En août, on a perdu 600 clients parce qu'ils avaient oublié leur carte », souligne le directeur du casino de Carnac.Aujourd'hui, c'est le pouvoir d'achat qui est en cause. « Nous sommes dans le créneau des dépenses de loisirs et quand les gens doivent faire des arbitrages, c'est évidemment à notre détriment », reconnaît un responsable de casino. Ce n'est pas pour rien si les casinos investissent dans des petites machines à cinq ou dix centimes d'euros. Des machines qui permettent d'augmenter le temps de jeu des clients qui ont des petits budgets.
Pas de lisibilité
Crise durable ou pas ? Christian Sigler avoue ne pas savoir. « Le problème est que l'on n'a pas de lisibilité ». Le syndicat patronal Casinos de France évoque des suppressions d'emplois, voire des fermetures d'établissements, histoire sans doute d'obtenir des pouvoirs publics quelques mesures fiscales. « Nous n'en sommes pas là mais on est obligé de réduire la voilure en regardant à nos dépenses », tempère le directeur du casino de Carnac, un établissement qui emploie, comme celui de Bénodet, une soixantaine de personnes.Un peu plus optimiste, le directeur du casino du Cap Fréhel, un établissement indépendant, fait, lui, le pari de l'animation pour maintenir son chiffre d'affaires, un domaine dans lequel il a beaucoup investi. « Il y a aussi des gens qui ne viennent pas parce qu'ils ne s'amusent pas avec les jeux. Il faut donc savoir donner un peu pour récolter ». Un pari plutôt gagnant en ces temps difficiles.
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