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Economie

Fièvre catarrhale. La Bretagne limite les dégâts

16 septembre 2008

Pour l'instant, le virus n'est pas très répandu en Bretagne et la campagne de vaccination qui doit démarrer cette semaine devrait vite atténuer les effets de l'épizootie. <br/>Photo François Destoc

Grâce à la vaccination, la Bretagne va pouvoir limiter les dégâts de la fièvre catarrhale. D'ici fin octobre, le cheptel (ovin et bovin) devrait être protégé de la maladie.Qu'est-ce que la fièvre catarrhale ?La fièvre catarrhale ovine (FCO), ou maladie de la langue bleue, est une maladie infectieuse des ruminants. Elle est due à un virus qui se transmet par des minuscules moucherons piqueurs (cullicoïdes). Auparavant, elle était considérée comme une maladie tropicale ou méditerranéenne, affectant particulièrement les moutons. Mais depuis peu, le virus circule aussi en Europe du Nord et s'attaque également aux bovins. On l'a découvert pour la première fois en août 2006 dans un élevage hollandais. Le premier cas en France a été constaté dans les Ardennes, fin 2006.Comment le virus est-il arrivé en Europe du Nord ?Il est possible qu'il ait été apporté par ces moucherons piqueurs à l'occasion de transports internationaux de denrées entre le Sud et le Nord. Ce virus est arrivé en terrain vierge de cette maladie, ce qui explique aussi son explosion.La maladie est-elle transmissible à l'homme ?Non, ce virus n'affecte que les ruminants et la maladie n'a aucune conséquence pour le consommateur.Quelles sont ses conséquences pour les éleveurs ?C'est un fléau pour les éleveurs car leurs animaux peuvent en mourir (le taux de mortalité est de 10 à 12 % chez les ovins infectés et de 1 à 2 % des bovins). Cette maladie entraîne une baisse de la production laitière et des avortements chez les bovins. Elle a un impact commercial très important car elle conduit certains pays à fermer leurs frontières. Ainsi, depuis deux mois l'Italie et l'Espagne n'achètent plus de génisses ni de jeunes bovins en provenance de Bretagne.Quelle est la situation aujourd'hui en Bretagne ?Le premier cas a été découvert en août 2008 en Ille-et-Vilaine. A ce jour, ce département compte 205 cas. Il y en a 12 en Morbihan, 7 en Côtes-d'Armor et 2 en Finistère.Faut-il vacciner ?Oui, c'est le mot d'ordre car le vaccin mis au point en 2007 a montré son efficacité. « Pour l'instant, le virus n'est pas répandu en Bretagne mais plus les mois passent, plus le virus va se répandre et plus les animaux vont recevoir des doses infectantes. C'est donc important de vacciner », indique Patrick Le Provost, directeur de l'Union bretonne des Groupements de défense sanitaire (GDS). Les premières régions françaises touchées l'ont déjà fait. La Bretagne vient de leur emboîter le pas. 70 % du cheptel d'Ille-et-Vilaine a été vacciné. Ce taux est moindre dans les autres départements bretons. Un problème de fabrication a entraîné un retard dans l'arrivée des vaccins mais tout devrait rentrer dans l'ordre cette semaine. Patrick Le Provost est confiant : pour la fin octobre, tous les animaux seront protégés. « Le vaccin va gagner la partie sur la maladie », estime-t-il.

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