28 août 2008
Le cinquième volet de notre série sur les Bretons expatriés nous conduit en Afrique du Sud.David Raison et sa compagne se sont vite acclimatés à Johannesburg, envoyés là-bas par la société brestoise SDMO, spécialiste des groupes électrogènes.« Etre au bon endroit, au bon moment ». Quand sa société lui a proposé, à lui et à sa compagne Amélie, de quitter Brest pour l'Afrique du Sud, où l'insécurité règne et où les coupures d'électricité sont nombreuses, David Raison a saisi l'occasion. Né au Relecq-Kerhuon, près de Brest, diplômé d'un bac F3, électricité, et d'un BTS technico-commercial passés à Saint-Brieuc, le jeune homme était paré pour l'aventure. D'autant qu'il avait déjà cinq ans d'expérience en Bretagne au sein de la société SDMO, qui emploie 800 personnes à Brest, troisième groupe mondial dans le secteur du groupe électrogène. Son père y a fait toute sa carrière avant lui, « il est arrivé au tout début de l'entreprise comme commercial, puis il a fini adjoint de direction ». Sa mère vendait des cosmétiques et des produits d'entretien à domicile.
Le black-out en janvier dernier
« L'Afrique du Sud était un tout petit marché jusque-là, explique le jeune homme, c'était le deuxième ou troisième pays le moins cher en termes de prix au kilowatt/heure pour les utilisateurs. L'inconvénient, c'est qu'ESKOM, l'équivalent d'EDF, n'a pas eu assez de rentrées d'argent pour planifier l'avenir ».Résultat, en janvier dernier, c'était le black-out : Johannesburg privée d'électricité pendant sept heures ! Du coup, les hôtels, les banques, les hôpitaux et les sociétés informatiques ont commencé à s'équiper en groupes électrogènes pour sécuriser leurs systèmes, et même les particuliers. Autant dire que le marché est énorme ! David travaille beaucoup, mais le mal du pays le saisit parfois. « Les amis et la famille nous manquent, bien sûr, mais on a la chance, explique le jeune homme, avec SDMO, de pouvoir rentrer trois fois par an en Bretagne ».
Une maison dans un quartier sécurisé
David et son épouse vivent dans une petite maison à Bryanstown, quartier hautement sécurisé, avec barbelés et miradors, sur les hauteurs de Johannesburg. Le gros problème de l'Afrique du Sud, c'est l'insécurité, confirme David. « Il y a beaucoup d'ethnies ici, explique le jeune Breton, la plus importante, ce sont les "Zoulous", qui ont pris l'habitude de s'emparer par les armes des terres ou des emplois qui les intéressent. Ici, ils ne font pas grève, ils prennent les machettes ! ». Les autorités devront avoir réglé le problème d'ici le Mondial de football de 2010 (le premier jamais organisé sur le continent africain), et en avoir fini aussi avec une police corrompue. Mais David Raison garde espoir, et compte rester encore quelques années à Johannesburg. Son épouse Amélie, née à Concarneau (29) et qui a grandi sur la presqu'île finistérienne de Crozon, au Fret, jusqu'à ses vingt ans, a quitté son poste d'éducatrice spécialisée au conseil général de la Mayenne. Elle a repris des études de psychologie par correspondance via l'IED (institut d'enseignement à distance). « L'important, pour une expatriation réussie, c'est que les deux s'y plaisent et s'y retrouvent ».
Pratique
Lui écrire : david.raison@sdmo.com© Copyright Le Télégramme 2009