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Côtes-d'Armor

Alain Hocke. À Pékin pour lancer le train rapide

20 août 2008

Ingénieur chez Systra, filiale de la SNCF, Alain Hocke a supervisé les travaux du premier train à grande vitesse de Chine, le plus rapide du monde.<br/>Photo L.R.

Le 1 e r août 2008, la Chine a ouvert sa première ligne ferroviaire à grande vitesse entre Pékin et Tianjin. Derrière ce vaste projet, un presque Breton, Alain Hocke (52 ans).De notre envoyé spécial à Pékin. La Bretagne lui manque. « Surtout les sorties en bateau », avoue Alain Hocke, Saint-Politain d'adoption (« depuis dix ans ») et futur Brestois.L'ingénieur est pourtant un grand voyageur. Après des études à Rennes et un début de carrière dans la capitale régionale, ce natif de la région Centre a parcouru la France puis le monde pour le compte du groupe Systra : l'Angleterre - « Pour le TGV Londres-Folstone » - et l'île de Taïwan l'ont ouvert à l'international. Puis, après un détour par l'Hexagone, on lui propose d'oeuvrer en Chine. « Je suis arrivé en juin 2005. La construction de la ligne à grande vitesse entre Pékin et Tianjin, le grand port situé à 120 km de la capitale chinoise, a commencé à la fin de l'année 2005. Là où il aurait fallu normalement cinq ans, les Chinois ont mis trois ans pour mener à bien le chantier ».Bien sûr, l'enjeu était éminemment politique. « Les Chinois voulaient ouvrir la ligne avant le début des Jeux olympiques, plus par souci de prestige que par réelle nécessité de transport ».Un point d'honneur fut également mis à battre tous les records de vitesse : « C'est la ligne la plus rapide au monde : 350 km/h de vitesse d'exploitation, contre 320 au TGV. Lors de certains essais, des pointes à 393 km/h ont été effectuées ».

Le train stratégiquement indispensable

Le dépaysement est total pour Alain Hocke. « Ce projet s'intègre dans un plan gigantesque de développement du ferroviaire en Chine.Bientôt, des lignes nouvelles seront ouvertes entre Wuhan et Canton, entre Pékin et Shanghai, entre Canton et Hongkong. Le train est stratégiquement indispensable au pays, autant pour le transport des matières premières que pour celui des voyageurs ».

« Les Chinois visentà être autonomes »

Tout est disproportionné dans cet Empire de 9.634.057 km², composé de vingt-deux provinces. En Chine, près de soixante villes comptent plus d'1 million d'habitants. « L'idée, c'est de relier toutes celles qui font entre 7 et 10 M d'habitants, explique l'ingénieur spécialisé dans l'étude et la supervision générale des travaux de construction. À court terme, les Chinois n'auront presque plus besoin de transferts de compétence. Ils visent à être autonomes ». Et rien ne viendra freiner leur course folle vers l'indépendance technologique, puisqu'ils se fixent leurs propres normes de sécurité et de qualité, moins contraignantes qu'en Occident.« Dans le courant du mois de septembre, je devrais probablement m'orienter vers l'Inde ».Alain Hocke espère seulement pouvoir, d'ici-là, faire un petit crochet par Saint-Pol-de-Léon (29) et Brest.« Ma compagnie est maître d'oeuvre du tramway de Brest. Les travaux devraient commencer courant 2009 ».Le presque Breton les suivra avec attention. Entre deux pérégrinations.

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