9 août 2008
Un chauffard ivre et sans permis a écopé de trois ans et demi de prison pour avoir voulu échapper aux gendarmes sur la voie express Lorient-Brest. Les forces de l'ordre ont dû faire usage d'une arme pour l'arrêter.« Je croyais qu'il n'y avait qu'en Amérique qu'on faisait ça ». Deux jours après les faits, le prévenu, Stéphane Nicolas, âgé de 39 ans, n'en revient toujours pas. Pour arrêter sa folle cavale, un gendarme n'a, en effet, pas eu d'autre choix que de tirer à deux reprises sur les roues arrière du véhicule volé qu'il conduisait à grande vitesse sur la voie express, au cours de la nuit de mardi à mercredi, au mépris de toute règle de prudence.Flashé à près de 180 km/h à Auray, 156 km/h à Quimper, 148 km/h près de Châteaulin (29), le chauffard a multiplié les manoeuvres pour tenter d'échapper à ses poursuivants : freinages intempestifs, écarts sur la chaussée, fausses sorties vers des bretelles, slaloms entre les camions et les voitures... La liste est aussi longue que la durée de la poursuite. « Près de 100 km », résume la procureure Mariaux.À la barre du tribunal correctionnel de Brest, le prévenu, jugé hier en comparution immédiate, ne conteste pas grand-chose. « Je n'ai pas mis en danger la vie d'autrui. Je mettais mon clignotant en dépassant », soutient-il. Les gendarmes affirment pourtant qu'un de leurs collègues, posté au bord de la route, a failli y laisser la vie, le chauffard ne tenant aucun compte de ses appels lumineux.Finalement, une balle, logée dans le pneu arrière gauche, obligera le fuyard à s'arrêter, cinq kilomètres plus loin.
Seize ans en prison
Stéphane Nicolas a déjà été condamné à dix reprises pour conduite sous l'empire de l'alcool, huit fois pour défaut de permis, trois pour refus d'obtempérer. Et il se trouvait sous le coup d'une mise à l'épreuve. C'est ce qui explique, selon son avocat, ce désir de fuir ses responsabilités. « Il a déjà passé seize ans en prison. Il venait de sortir de la maison d'arrêt de Ploemeur, à l'issue d'une peine de 18 mois. Prié de quitter le foyer où il était hébergé dans la journée, il s'est retrouvé livré à lui-même, au Festival interceltique de Lorient. Avec son petit pécule, il a acheté des bières, avant de voler une voiture, avec la volonté de retrouver ses proches à Brest... Il a péché par excès de faiblesse », défend un M e Munoz, un rien résigné, qui admet le profil « quasi indéfendable » de son client. « La prison a été un échec. Il lui faut un accompagnement pour le futur », argumente celui qui prie surtout pour que le tribunal n'aille pas au-delà des réquisitions. Prière entendue : aux deux années prononcées s'ajoutent dix-huit mois de révocation d'un sursis antérieur.
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