6 août 2008
À Cherbourg, Gildas Morvan a repris du poil de la bête. Mais Nicolas Troussel, solide comme un roc, n'a même pas tremblé. D'autres, en revanche, ont sérieusement vacillé...Que retenir de cette 2 e étape longue de 575 milles ? Quelle a laissé des traces. Dans les organismes et dans les têtes aussi. « Certains bizuths se souviendront longtemps des passages à Ouessant et dans le raz Blanchard », note Jacques Caraës, directeur de course, à l'origine du parcours.
« J'ai eu peur »
Un parcours qui ne fut pas de tout repos. Même le vainqueur de l'étape, Gildas Morvan, a trouvé que « c'était chaud, très chaud avec une trajectoire dans l'axe des cargos, des passages à Ouessant et Blanchard avec des coefficients de 100... » Et du jus, ils en ont eu comme jamais ! Éric Péron, parti flirter avec les cailloux à Molène, a bien failli se mettre les doigts dans la prise. « Oui, j'ai eu peur. Ça me servira de leçon : je n'avais pas tous mes esprits à ce moment-là. »Armel Tripon est également passé dans les mêmes parages. Même erreur, même punition. « J'étais pourtant bien dans la course. Je ne sais pas pourquoi je suis allé là... Je me suis suicidé tout seul. »
Des additions salées
Si Gérald Veniard s'est fait hara-kiri en mer d'Iroise en frôlant trop Ouessant, Christian Bos, lui, a définitivement fait son deuil de la 2 e place acquise à Vigo. Arrivé 9 h 54' après Morvan, le voilà 33 e au général à 13 h 35' de Troussel. L'addition est salée.Oui, cette 2 e étape a fait des dégâts. Et les petits nouveaux ont énormément souffert. Pour sa première participation, Élodie Riou a vécu une étape cauchemardesque. Le skipper de « KPMG », en larmes à l'arrivée, accuse un jour de retard sur le leader.Autre signe de la dureté de l'étape, la position des premiers bizuths : Szekely termine 28 e et Greenwood 34 e , tandis que les deux leaders, François Gabart (37 e ) et Adrien Hardy (38 e ) ont perdu 6 h à Cherbourg. Au général, ils sont loin, 25 e et 27 e à presque 12 h de Troussel.Les écarts sont très importants. Et dire qu'il reste encore la « big étape », l'Everest de cette 39 e édition, la plus longue manche jamais disputée : 825 milles, soit six jours de mer.
« Trousselest impressionnant »
Cette dernière étape, dont le départ sera donné vendredi, fait peur à tout le monde. Sauf à Troussel et Morvan qui ont hâte d'en découdre. Le grand Gildas, qui a réparé le bulbe de quille et les varangues décollées de son « Cercle Vert », va attaquer... tout en surveillant ses arrières : « Ben oui, je suis 2 e au général mais avec pas mal de clients sérieux à mes basques. Je ne veux pas tout perdre ». Effectivement, Erwan Tabarly le métronome (4 e à Vigo, 5 e à Cherbourg) n'a que 45 minutes de retard sur Morvan et il ne restera pas inactif. De Fred Duthil (4 e ) à Thierry Chabagny (10 e ), ils sont nombreux à pouvoir rêver du podium.Quant à Nicolas Troussel, grand patron de la flotte, il est plus zen que jamais. Le régatier de Plougasnou possède 6 h 18' d'avance sur son plus proche rival. Il respire la sérénité. « Sur l'eau, il est impressionnant », admet Thomas Rouxel.Troussel est fort dans sa tête, sûr de ses choix et de sa vitesse, respectueux mais pas impressionnés par ses adversaires. Imperturbable en somme !
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