5 août 2008
Quelles sont les chances de renflouer la goélette Tho Pa Ga, coulée au début du mois de juillet sur la route de Brest 2008 ? Faibles à mesure que le temps passe. Mais ses propriétaires ne désarment pas.Ils y croient toujours. Viscéralement attachés à cette goélette de 42 m, Gérald Delgado et Nicole Legler étaient à bord lorsqu'elle a coulé par 120 m de fond, en pleine nuit, à 65 km au large de Penmarc'h. Alors que la goélette de 1924 en finissait sur la longue route entre Les Baléares et Brest, une importante voie d'eau l'a fait sombrer en quelques dizaines de minutes. Les sept membres d'équipage et les deux propriétaires ont eu le temps de sauter dans le radeau de survie, contraints de lâcher le bout les reliant à elle. L'équipage était hélitreuillé en un temps record dans la nuit.
Tentative infructueuse
Au terme d'un accord entre l'Espagne et la France, un chasseur de mines basé à Brest a tenté, le 29 juillet dernier, de la localiser dans un espace de 3,6 km sur 1,8 km. Sans résultat. Aucune trace significative sur le fond. Météo difficile, zone de recherche déterminée dans la précipitation, mission confiée à un chasseur de mines de retour d'une autre mission... « Nous ne remercierons jamais assez la Marine pour sa participation mais nous ne pouvons pas nous empêcher de penser que les recherches n'ont pas été effectuées au bon endroit ». « Un bateau de 300 t avec deux mâts métalliques de 35 m et 45 tonnes de fonte pour lest ne peut échapper aux sonars ultra-sophistiqués des navires militaires », estime Gérald Delgado. « Je reste persuadé qu'il faut sonder dans une zone adjacente. Ah ! Si seulement, nous avions pu embarquer à leurs côtés... »
Solution privée
Bénéficier d'une seconde tentative ? « Je crois que cela prendrait trop de temps. Nous travaillons actuellement sur une option privée moins lourde à mettre en place. Il existe dans le secteur quelques navires équipés de sonars assez puissants. Nous attendons actuellement les devis ». Un navire de pêche pourrait, pour la solution la moins onéreuse, se déployer au plus vite sur zone. « Nous espérons également, grâce à nos copains de Méditerranée, disposer, sous une quinzaine de jours, d'un petit robot équipé d'une caméra ».En bons marins (35 ans d'une vie passée à bord de Tho Pa Ga), ils connaissent les effets de la pression à cette profondeur et ceux des courants sur la remontée du plateau continental. Si le bateau est retrouvé, s'il est encore récupérable, l'association lèvera-t-elle assez d'argent pour le sortir de l'eau ? Enfin, combien de temps leur reste-t-il pour intervenir dans une zone aussi exposée au mauvais temps ?Site de l'association : www.tho-pa-ga.com
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