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France

Affaire Kerviel. L e trader s'en prend à la Générale

31 juillet 2008

Les nouveaux avocats de Jérôme Kerviel ont affiché h i er leur ambition d ' attaquer la Société Générale en s ' interrogeant sur une éventuelle « complaisance » ou « complicité ».La nouvelle équipe d'avocats qui a pris en main la défense de Jérôme Kerviel, a présenté, hier, la nouvelle stratégie de défense de son client.Alors que l'instruction des juges Renaud van Ruymbeke et Françoise Desset semblait toucher à sa fin, ces nouveaux avocats ont mis en cause le rôle joué par la Société Générale, partie civile dans le dossier, afin d'atténuer la responsabilité du jeune trader.

Kerviel couvert ou pas ?

« Il faut savoir s'il y a eu de la part de la banque une complaisance, une ignorance fautive, une complicité par fourniture d'instructions, voire de moyens », avance Bernard Benaïem , chef de file des avocats de la défense.L'enjeu est simple pour le trader de 31 ans : sa responsabilité dépend de ce que la Société Générale savait de ses agissements et si elle a éventuellement pu les couvrir.

La banque trop pressée

La défense s'interroge également sur les conditions de débouclage (vente) des 50 milliards d'euros de positions qu'avait Jérôme Kerviel sur les marchés lorsque l'affaire a été révélée fin janvier. Opéré en trois jours dans le secret, le débouclage a abouti à une perte de 6,3 milliards d'euros (la perte finale étant de 4,9 milliards, Kerviel ayant des positions bénéficiaires cachées de 1,4 milliard fin 2007). La banque dit avoir été obligée par la loi bancaire de déboucler immédiatement ses positions et l'a fait en secret avec l'accord de la Banque de France et l'Autorité des marchés financiers.Une réponse qui ne satisfait pas la défense. M e Benaïem le martèle : il ne s'agit « pas de faire un gros dossier médiatique artificiel » mais de « connaître toute la vérité. Ce n'est pas Jérôme Kerviel qui la détient, c'est la Société Générale ».

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