28 juillet 2008
La campagne scientifique Ovide, qui va du Portugal au Groenland, vient d'être bouclée. Son but : mieux comprendre l'impact de la variabilité océanique sur le climat.La campagne Ovide, dirigée par Bruno Ferron, du laboratoire de physique des océans (LPO), du centre Ifremer Brest, s'est terminée le 10 juillet dernier. C'était la quatrième des cinq prévues dans ce projet franco-espagnol. Vingt-quatre scientifiques, d'horizons différents, ont embarqué à bord du Thalassa. La campagne elle-même a duré 24 jours.Les mesures, comme il y a deux ans, ont été faites sur une radiale, qui va du large du Portugal jusqu'aux côtes du Groenland. L'intérêt est, en effet, de pouvoir faire des comparaisons entre campagnes.
108 stations
Le navire s'est arrêté 108 fois, ce qui correspond à des mesures toutes les quatre heures, de jour comme de nuit. Une bathysonde équipée de bouteilles et immergée au bout d'un câble est descendue jusqu'à 15 mètres au-dessus du fond de l'océan. Des capteurs automatiques mesurent la pression, la température, la salinité, l'oxygène et les courants. Durant la remontée de la bathysonde, les bouteilles se referment en piégeant l'eau à différentes profondeurs.Cette campagne a représenté ainsi presque 700 km d'allers- retours entre la surface et le fond de l'océan. Et plus de 10.000 échantillons d'eau de mer ont été piégés et analysés.
Tapis roulant
Ovide s'intéresse notamment à la façon dont les courants se comportent, un peu à la manière d'un tapis roulant, avec de l'eau de surface chaude qui remonte vers le nord et qui rebascule en profondeur, plus froide, vers le sud.Dans le cadre d'études sur l'effet de serre, le Groupement intergouvernemental pour l'étude du climat (Giec), a prédit, dans les décennies à venir, un net ralentissement dans l'Atlantique-Nord de cette circulation, dite « thermohaline ». Ovide a observé, elle, une variabilité interannuelle nettement plus importante que la tendance prévue à dix ans ou plus dans les modèles climatiques. Autre constat : l'eau en profondeur est devenue plus salée, un renversement de tendance. Ce qui pose question sur l'équilibre entre l'eau douce venant de la fonte des glaciers, phénomène très largement commenté, et l'évaporation de surface dans les tropiques, qui apporte, elle, de l'eau salée.
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