26 juillet 2008
Le projet d'extraction des sables marins au coeur de la baie Gâvres-Quiberon (56) semble se préciser de jour en jour. Un nouveau cargo sablier doit être mis en service en 2010 sur la côte Atlantique. Une date clé.Depuis l'annonce, il y a maintenant deux ans, du permis de recherche exclusif, accordé au cimentier Lafarge, pour l'extraction de sable au large de la presqu'île de Gâvres, la dynamique « sablière » ne cesse de prendre de l'importance.Ici ou là, des dates, des informations laissent à penser que l'inéluctable arrivera : d'ici deux ou trois ans, les cargos sabliers prélèveront, chaque année, plus de 300.000 tonnes de sable marin au coeur de la baie d'Etel.Le dernier « petit détail » en date, c'est l'annonce, jeudi, de la mise en chantier prochaine, chez Piriou, à Concarneau, d'un nouveau cargo sablier pour le compte de la Cetra (Compagnie européenne de transports de l'Atlantique), basée à Donges (44), et spécialisée dans le chargement et le transport de granulats marins (Le Télégramme d'hier).
Des dates qui coïncident
Ce futur bateau devrait être mis en service en 2010. À la date précise de la fermeture du centre d'essai de la direction générale de l'armement à Gâvres, au large duquel se trouve le périmètre d'exploitation convoité par Lafarge.Ce cargo est le frère jumeau, à 86 cm près, de l'André L, mis en service en 2006 par l'armement DTM de La Rochelle. Tous deux ont une capacité de plus de 2.200 m³ de granulats. La zone de compétence de ces deux navires va de Lorient à Tonnay-Charente.Ce seront les plus gros sabliers mis en oeuvre sur le littoral français. On voit bien que le projet d'extraction en baie de Gâvres-Quiberon est aujourd'hui la première cible de ces armements.En attendant, le groupe Lafarge peaufine son implantation sur la zone industrielle du Rohu. Ses études se poursuivent au large des plages d'Erdeven et Plouhinec. Il attend impatiemment le feu vert de l'État alors qu'il multiplie les opérations de communication en direction des entreprises de bâtiment bretonnes.
Un collectif « vigilant »
Ces « petits détails » ne trompent sans doute pas les membres du collectif du Peuple des Dunes qui avait rassemblé à Erdeven, en mars 2007, près de 15.000 personnes pour protester contre ce projet.L'un des arguments présentés alors : le risque de disparition du cordon dunaire littoral avec ses dizaines de kilomètres de plages de sable fin.Mardi dernier, André Berthou, le président du collectif conduisait une délégation au conseil régional. Ils ont été reçus par le vice-président Gérard Mével qui s'est montré très à l'écoute du collectif.« Nous sommes sur le qui-vive... », a confié André Berthou. Le collectif devrait mobiliser à nouveau d'ici à quelques semaines si une prolongation de permis exclusif de recherche est accordée au groupe Lafarge.
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