24 juillet 2008
À 25 ans, Boris Cousin a fait une pause dans ses études pour réaliser l'aventure de sa vie : prendre la mer avec un bateau à voile pour un voyage mémorable, de l'Asie à la Bretagne. Récit d'un rêve de gosse.Six mois pour parcourir les 13.000 milles (24.630 kilomètres) qui séparent la Malaisie des côtes sud-finistériennes... On est loin du record du monde mais pour autant, la réalisation de ce jeune ch'ti de 25 ans, qui passe tous ses étés à Fouesnant (29), et plus précisément à Beg-Meil, sonne comme un pari un peu fou dans un parcours universitaire brillant. École Polytechnique puis les Ponts et Chaussées, rien ne prédestinait, a priori, ce futur ingénieur du génie civil à prendre la mer pour un si long voyage. Arrivé mardi soir à bord de sa monture d'acier, Boris Cousin a le triomphe modeste : « Ce que j'ai fait n'a rien d'exceptionnel mais pour moi, c'était un rêve de gosse ».Son projet, il l'a préparé minutieusement depuis deux ans. Envoyé en Malaisie pour un stage, il y découvre, dans l'île de Penang, au nord-ouest de la péninsule malaise, l'endroit idéal pour faire naître son projet. Quelques négociations avec son école et son employeur et il achète Ouma, un bateau en acier de 11 m, à un couple de Français qui vivent, eux aussi, en Asie. Il prolonge son stage jusqu'en décembre 2007 et passe tous ses dimanches à préparer son navire. Il débauche le père d'un ami, Gérard, pour en faire son équipier de traversée. Ce Montpelliérain de 62 ans saute sur l'occasion et embarque, en janvier 2008, avec Boris pour ce périple à travers l'océan Indien et l'Atlantique, avec comme point d'orgue, le passage du Cap de Bonne-Espérance, au large de l'Afrique du Sud.
Des sueurs froides au programme
Des frayeurs, les deux compères en ont connu, particulièrement dans le passage, réputé difficile, du canal du Mozambique. « Les orages en pleine mer ont été particulièrement violents. Il y avait un éclair toutes les 3 secondes. Une nuit, il y en avait tellement que l'on n'avait pas besoin de s'éclairer pour régler nos voiles. J'ai vraiment eu peur que la foudre nous tombe dessus avec le risque d'être blessé mais surtout de griller tout notre matériel électronique ».Pour autant, aucune avarie majeure à signaler, enfin de justesse... « Quand on est arrivé au Cap Vert pour une courte escale, on s'est rendu compte que la barre de flèche, une pièce qui tient le mât, était sur le point de casser. Un petit coup dedans et elle s'est brisée en deux. On a eu chaud ! ».
Une expérience de vie
Quand on l'interroge sur ce qui a changé en lui depuis cette aventure, le jeune homme n'hésite pas à confier que « le temps que j'ai passé en mer, surtout la nuit, m'a permis de poser mes idées. Cet isolement est propice à une réflexion saine qui permet d'atteindre une certaine paix de l'esprit. Aujourd'hui, je vois les choses différemment, je suis beaucoup plus détaché des soucis matériels. J'ai redéfini mes valeurs. Ce qui compte avant tout, ce sont les gens que j'aime ».Après ce bilan, que l'on sent positif, veut-il repartir ? « Non, j'ai vécu ce que j'avais à vivre. Désormais, je me concentre sur la construction de mon avenir professionnel et personnel. Preuve que je suis prêt à tourner la page : je vends mon bateau ! D'ailleurs si ça intéresse quelqu'un... ». Une conclusion en pied de nez pour celui qui nourrit désormais une autre ambition : celui de construire des ponts...
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