C'est à eux que reviendra l'honneur d'ouvrir le festival, en fin d'après-midi. Les BB Brunes. Ou plutôt : les « BB Bruuuunes !!! ». Adulés par une frange de (très) jeunes fans, les Parisiens se défendent pourtant d'appartenir à la scène « Teenager ».Bérald Crambes (basse, dernier arrivé dans le groupe), vous tournez depuis près de dix mois. Qu'attendez-vous de votre passage à Carhaix ?On attend ça avec impatience ! Dans mon esprit, les Vieilles Charrues, c'est comme les Eurockéennes : quelque chose d'absolument énorme. C'est un rendez-vous incontournable du rock, où se sont produits les plus grands artistes. En plus d'avoir notre nom accolé à ceux de ces grands groupes, nous, cela nous permet de nous produire devant un grand nombre de spectateurs, et de montrer que nous ne sommes pas un boys-band.Quelles sont les musiques qui influencent aujourd'hui votre travail ?Ce sont majoritairement des sons anglo-saxons, comme les Libertines, Artic Monkeys ou les Strokes, pour citer des groupes récents. Après, on tombe dans le « classique », comme le Clash, les Ramones ou le punk en général.Comment expliquez-vous qu'avec ces références vous soyez catalogués comme formation pour adolescent ?On fait de la musique pour le plaisir, et aujourd'hui on a la chance d'en faire un métier. Après, le public qui nous suit, on ne le choisit pas. C'est peut-être un peu dommage, mais ça fait partie des choses qu'on ne peut pas maîtriser. Et on ne regrette rien en tout cas.Avez-vous déjà songé à la suite, à la manière dont vous pourriez toucher un public plus large ?Pas vraiment, mais c'est vrai, qu'à terme, on aimerait quitter ce registre. Mais on est encore très jeune (20 ans de moyenne d'âge, NDLR), et on grandit. Et on se dit que si, nous, on évolue, notre public évoluera aussi...Que représente pour vous le choix de chanter en français ?C'est Adrien (Gallo, NDLR) qui écrit et compose nos morceaux. Quand je suis arrivé, c'était déjà comme ça. Je crois que c'est un choix qui dénote une forme de maturité dans le travail. Et puis, ça nous permet de démontrer que le rock, ça se chante aussi en français.On considère généralement que l'anglais épouse les sonorités là où le français tend à donner un sens aux mots. Pensez-vous que l'inverse est possible ?« C'est vrai que quand j'écoute les Strokes, je m'intéresse avant tout à la musique, pas au sens du texte. La voix, c'est aussi un instrument, et je sais que la sonorité des mots, c'est quelque chose qui intéresse beaucoup Adrien. Il travaille aussi en ce sens, et ça nous plaît beaucoup ».