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Economie

Économies de carburant. Les routiers à l'école

5 juillet 2008

Chaque mois, par groupe de seize, des professionnels se forment à la conduite économique. <br/>Photo Y.D.

Pour réduire la consommation de gazole, les chauffeurs de poids lourds et de cars retournent à l'école pour prendre des cours de « conduite rationnelle et économique ».À la clef, une économie qui peut atteindre 15 %.« Cette fois-ci, le choc pétrolier et sa flambée des prix s'inscrivent dans la durée », lance Guy Le Pabic, responsable commercial de l'Institut de formation professionnelle ECF, basé à Landivisiau (29). Des chefs d'entreprises n'hésitent pas à investir dans la formation de leurs chauffeurs pour les sensibiliser aux économies de carburant.

Des jeunes et des anciens

Tous les mois, des groupes de professionnels de la route suivent des cours pratiques et théoriques dans les quatre centres de l'ECF landivisienne. Des jeunes, titulaires du permis de conduire, qui se forment au métier du transport, mais aussi des conducteurs expérimentés qui viennent se perfectionner.Les stagiaires effectuent deux boucles de 45 à 50 minutes sur route. Pendant le premier parcours, le moniteur prend des notes sur le mode de conduite (courbe de régime du moteur, utilisation de la pédale de frein, passages de vitesse, consommation instantanée).De son côté, l'économètre enregistre la consommation à l'heure, aux 100 km, la vitesse moyenne... Les mauvaises pratiques sont décortiquées en fin de journée, elles servent aussi de base aux cours théoriques pour corriger les défauts.À l'entreprise de transport routier Le Bihan, à Mespaul (29), la conduite adaptée et la réduction de 10 km/h demandée par la direction (des moteurs ont été bridés) ont permis de gagner cinq litres aux 100 km, en passant de 36 litres à 31 litres. Sur un parcours aller-retour Mespaul-Modène, en Italie, soit près de 4.000 km, la consommation de gazole pour un semi-remorque de 40 tonnes est tombée de 1.450 litres à 1.225 litres, soit une économie de 200 euros.

Bons réflexes

Les transporteurs routiers ne sont pas les seuls à faire des efforts. La société autocariste Rouillard, à Plérin (22), qui assure le transport scolaire et organise des trajets touristiques sur toute l'Europe, a demandé à ses chauffeurs de ne pas utiliser la climatisation en l'absence de passagers et d'arrêter le moteur au-delà de deux minutes d'arrêt. Pour les transports régionaux, notamment scolaires, la vitesse des cars est réduite de 10 km (de 90 à 80 km/h) lors du retour à vide, ce qui permet de gagner 3 à 4 litres aux 100 km.Pour le grand tourisme, « les passagers ne comprendraient pas que l'on allonge la durée des trajets en roulant moins vite que ne l'autorise la réglementation ». Mais les cars longue distance sont en général aux normes Euro 4, moins gourmands en carburant.De la même manière, chez Maury Transports, à Rochefort-en-Terre (56), spécialisée dans le transport scolaire, l'heure est à la rationalisation des circuits de ramassage des élèves « afin de rouler le moins possible à vide ».

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