2 juillet 2008
L'été sera beau, l'été sera chaud, sur les vélos, sur les bateaux. Ça rime. Ça tombe à pic. En tête du peloton des villes festives de l'été en Bretagne ? Brest, qui couple Tour de France cycliste (samedi) et Brest 2008 (du 11 au 17 juillet), sa fête maritime internationale aux 2.000 navires.Jackpot ? « On ne peut pas tout regarder par la serrure " biseness ", j'aurais des aigreurs », témoigne Patrick Appéré, adjoint aux sports de la ville de Brest. Le but avoué du plus joli coup médiatique de l'été, en Bretagne, est de restaurer l'image de Brest, de valoriser son territoire.Coincée entre Londres, en 2007, et la principauté de Monaco qui, l'an prochain, accueillera le Grand départ du Tour, la cité du Ponant, grâce à la Grande boucle, hisse le niveau de son jeu, rivalisant le temps de quelques coups de pédale avec le gotha des villes européennes.
« Pour changer d'image »
« Brest n'est pas mesurée comme étant la vingt-neuvième ou trentième cité de France. Dans l'esprit de beaucoup, ça reste une ville de garnison. Cette image-là, nous voulons en changer. Brest est, entre autres, l'endroit de France, voire d'Europe, à la plus forte concentration de chercheurs sur les sciences marines. Dans le domaine maritime, c'est, avec Toulon, l'un des deux pôles de compétitivité mondiale. Plus largement, quand on jette un oeil aux conditions climatiques, l'été, ici, il y a de l'air. Par beau temps, on peut faire du pile-face à la plage mais pas seulement. L'atout de la Bretagne est qu'elle propose un nombre important de manifestations. Le monde associatif, vivant, y contribue largement ».La preuve en chiffres : derrière le travail en réseau permanent d'une dizaine de personnes qui oeuvrent, quotidiennement depuis des mois, à la préparation des deux événements majeurs de l'été, derrière tous les services de la ville et de la communauté de communes, Brest métropole océane (BMO), 400 bénévoles aideront à la bonne tenue du Tour de France. 5.000 autres participeront à l'encadrement de l'un des plus grands rassemblements maritimes internationaux. « À Rouen, autre fête maritime, c'est gratuit et les bateaux sont de passage. À Brest, ils s'installent pour toute une semaine. C'est comme les poupées russes, il y a tout dedans », se réjouit Patrick Appéré.En quatre ans, la formule des « Brest... » a évolué. « Par le passé, une trop petite part de privilégiés avait accès aux bateaux. Nous voulons désormais que tout le monde soit acteur. Qu'il y ait un parcours initiatique, accessible à qui veut. Les bateaux longeront les quais, ils sortiront les voiles et pas seulement au large ». Pour habiller l'événement, les services d'un metteur en scène ont même été requis.
« Ne pas rater le coche »
« En termes d'image, il est important de ne pas rater le coche sur ces deux rendez-vous de nature internationale ». Le risque est mince : depuis hier déjà, l'alliance annoncée des géants du vélo et de la mer draine dans son sillage des centaines de journalistes. « Ils sont 1.700 à être accrédités sur le Tour de France. 80 chaînes de télévision vont retransmettre la compétition, dans 180 pays », illustre Jean-Louis Jourdren, directeur du pôle culture et sport de la ville. Une force de frappe considérable. « Grâce à cette couverture média exceptionnelle, dès aujourd'hui, à Penfeld où s'est installé le village du Tour de France, nous communiquerons également sur Brest 2008 ».Les 750.000 mis sur la table par la ville de Brest et BMO, co-financeurs du Grand départ du Tour, seront amortis. « Quand on connaît le budget des grandes villes dévolu à la communication de territoire, quand on sait que 80 dossiers de candidatures pour l'obtention du Grand départ attendent sur le bureau d'ASO, société organisatrice du Tour de France.... », ça s'appelle une bonne pioche.Karine Joncqueur
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