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Éric Berthou. Le Brestois attend son Tour

26 juin 2008

Photo P.P.<br/>S'il s'est « exilé » dans le Var, Éric Berthou est un vrai « ti-zef ». Alors, le départ du Tour de France dans sa ville natale, il y pense depuis plus d'un an. Reste à décrocher le précieux sésame pour la Grande Boucle.

Seul Brestois du peloton, Éric Berthou rêve de prendre le départ de son premier Tour de France, samedi 5 juillet, dans la cité du Ponant. Le coureur de l'équipe Crédit Agricole sera fixé sur son sort dimanche.Il a vu le jour à la maternité de l'hôpital Morvan, il a grandi rue de Verdun, dans le quartier de Saint-Marc, il a effectué une partie de sa scolarité à Charles-de-Foucauld et il a usé ses premiers cuissards au Brest Iroise Cyclisme 2000. Éric Berthou, 28 ans, est de « Brest même ». Le Finistérien a choisi de s'exiler dans le Var afin de bénéficier de meilleures conditions d'entraînement mais c'est un vrai « ti-zef ». Il est même le seul coureur cycliste brestois du peloton professionnel. Le Grand départ du prochain Tour de France dans sa ville, forcément, il y pense depuis plus d'un an.

Les yeux fermés

« Je l'ai dans un coin de ma tête depuis le jour où j'ai appris que le Tour 2008 allait partir de Brest. Participer au Tour de France, c'est déjà le rêve de tout coureur, alors, participer à un Tour de France qui part de la maison... », confie-t-il, sans terminer sa phrase. Pas la peine : ses yeux remplis d'étoiles à la simple évocation de ce samedi 5 juillet parlent pour lui. « Le Cours d'Ajot, le Moulin-Blanc, le pont de Plougastel, Loperhet, Daoulas... je connais les premiers kilomètres de l'étape Brest-Plumelec par coeur. Ce sont les routes que j'avais l'habitude de prendre à l'entraînement, je pourrais presque y retourner les yeux fermés », ajoute-t-il, toujours plein d'enthousiasme. « J'ai trop envie d'y être, vraiment. Si j'ai la chance d'être sélectionné pour le Tour, je pense que cela va être un truc de fou, je crois que je vais halluciner. Maintenant, la décision ne m'appartient pas... »

La route de Brestpasse par Semur-en-Auxois

La balle est effectivement dans le camp des directeurs sportifs du Crédit Agricole et ces derniers attendront dimanche soir et l'issue des championnats de France disputés à Semur-en-Auxois (Côte-d'Or) pour livrer leur sélection. « Je pense avoir marqué des points en terminant 25 e du Tour de Suisse, la semaine dernière. J'ai à nouveau démontré que j'étais un spécialiste des courses par étapes. Maintenant, pour faire partie des neuf coureurs retenus dans l'équipe pour le Tour, je n'ai pas le choix, je me dois absolument de sortir un gros gros championnat. À moi de jouer », lâche-t-il, motivé comme il ne l'a jamais été.Éric Berthou, qui avait couru le Tour d'Italie l'an passé, a mis tous les atouts de son côté pour tenter de décrocher son précieux sésame pour la Grande Boucle. « Je pense avoir fait le maximum pour arriver en excellente condition physique au départ de Brest. Comme c'est l'objectif n° 1 de ma saison, j'ai tout misé là-dessus. Avant le Tour de Suisse, par exemple, je suis allé dix jours à Tignes (Savoie) pour travailler le coup de pédale en montagne. J'ai donné le meilleur de moi-même, quoi qu'il arrive, je n'aurai pas de regrets à avoir », poursuit-il, avouant ne pas trop savoir ce qu'il fera le samedi 5 juillet, en début d'après-midi, si son nom ne figure pas sur la liste des engagés du Tour 2008. « Je préfère ne pas y penser. Je le regarderai sans doute à la télé, mais j'aurai certainement mal au ventre dans mon canapé ». Éric Berthou, c'est clair, ne veut pas laisser passer son Tour.

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