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Morbihan

Tour de France. En fauteuil pour la protection sociale

21 juin 2008

Pour défendre le système de protection sociale français, Alain Cocq a entamé un tour de France en fauteuil roulant électrique, assisté de ses deux chiennes, Diane et Tosca.<br/>Photo S. L.B.

En fauteuil roulant, Alain Cocq a entamé un tour de France. Le long du chemin, il dénonce « la destruction du système de protection sociale et sa privatisation progressive ». Il est en Bretagne depuis quatre jours.Ses deux chiennes récupèrent des 30 km parcourus ce jour entre Questembert et Vannes. Alain Cocq fait une halte au pub Gwened où la propriétaire des lieux a accepté qu'il recharge les batteries de son fauteuil.Une étape de plus dans le tour de France que le Dijonnais, âgé de 45 ans, handicapé depuis 1986, a entamé le 1 e r juin dernier. Il ne sait pas encore où il va passer la nuit : « Je suis parfois accueilli dans des foyers ou bien je trouve un endroit où planter ma tente, à condition que quelqu'un accepte de m'aider. Sinon, je déplie mon duvet et je dors dans mon fauteuil en position allongée », indique Alain Cocq.

« Destruction du système de protection sociale »

La vie de ce chauffagiste plombier a basculé à la suite d'un accident du travail le contraignant à se déplacer en fauteuil roulant. Un état de santé aggravé par deux maladies orphelines.« À la suite d'une décision prise par la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées de la Maison départementale du handicap, je me retrouve dans une situation très délicate qui accélère la dégradation de mon état de santé. Mon appartement a besoin d'être rénové et adapté pour que je puisse rester autonome, mais la Sécurité sociale refuse de prendre en charge les travaux. C'est pourtant ma santé qui est en jeu. Avant de partir, j'ai dû passer trois mois sous antibiotiques à cause du sol pourri de mon logement », explique Alain.Un déclic qui l'a conduit sur la route pour dénoncer « la destruction progressive du système social ».

« Partircomme un être humain »

Chaque jour, l'homme fait en moyenne 30 km, en fonction de son état de santé. Son convoi ne passe pas inaperçu : une remorque contenant les 170 kg de matériel est accrochée au fauteuil, triangle de sécurité, gyrophares et double système de rétroviseurs évitent les angles morts. Les chiens se relaient à ses côtés pour l'assister dans sa progression, l'aidant à garder le cap.Alain assure que pour l'instant, il ne s'est pas fait trop de frayeur. « Maintenant, il est clair que j'engage de manière sérieuse, voir finale, mon capital santé, mais face à ma situation je préfère encore partir comme un être humain, plutôt que de rester dépérir entre les quatre murs de mon appartement ».

Attendu à Carhaix

Seul sur les parkings ou attendu au mariage d'un copain, Alain Cocq avance suivant les aléas de son parcours. « J'ai parfois de bonne surprise comme à Questembert où des personnes sont venues m'apporter le petit-déjeuner au lit dans le foyer où j'étais attendu grâce à l'aide d'une personne rencontrée sur mon parcours. Ce soir, ce sera sans doute la belle étoile, mais mercredi prochain, à Carhaix (29), on m'a réservé une maison. Je vais soutenir le collectif de défense de l'hôpital ».L'homme rejoindra ensuite Saint-Brieuc (22) avant de repasser par l'Ille-et-Vilaine pour descendre vers le sud-ouest.

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