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Finistère

Assises. Huit et douze ans de réclusion et une requalification

21 juin 2008

Damien Cornuet, ici avec son avocat M e Rajjou, lors du premier procès de décembre 2006, a été condamné à une peine de principe, couvrant sa détention préventive. <br/>Photo archives T. C.

Après six heures de délibérés, la cour d'assises du Finistère a condamné Morade Halleb et Jérémie Nozières à douze et huit ans de réclusion. Les coups mortels ne sont pas retenus à l'encontre de Damien Cornuet, qui ne retourne pas en prison.À l'ouverture des débats, l'avocat général a convenu qu'il s'agissait d'un « procès hors du commun ». Nulle allusion pourtant aux lacunes du dossier laissé par son prédécesseur et le juge d'instruction. Xavier Tarabeux a trouvé une porte de sortie en prônant une responsabilité collective, dans laquelle « chacun est susceptible d'être puni, quand bien même on n'a pas le même niveau de participation ». Étonnamment, faisant fi de tous les débats, il est allé jusqu'à voir en Damien Cornuet l'un des deux protagonistes ayant jeté André Morvan dans le port de Brest. Damien Cornuet a pourtant été disculpé par tous, et particulièrement par Élodie, jeune adolescente, « seule lueur d'humanité dans ce dossier », selon M e Riou, partie civile. Xavier Tarabeux a finalement requis douze ans de réclusion à l'encontre de Morade Halleb, avec une peine de sûreté de huit ans ; et six ans de réclusion à l'encontre de Jérémie Nozières et Damien Cornuet.

« Violences volontaires sans ITT en réunion »

« Surréalisme judiciaire », s'est élevé M e Rajjou, défenseur de Damien Cornuet. À l'avocat général : « Vous avez fait tourner à plein la machine judiciaire pour l'incriminer. Vous restez accroché coûte que coûte à l'option de votre prédécesseur. Il n'y a plus que vous à y croire ! ». Il s'est félicité que l'accusation et la partie civile considèrent le témoignage d'Élodie comme le seul crédible. « Je le crois aussi ». Il a rappelé qu'elle décrivait son client s'interposant devant Morade Halleb, qui l'avait frappé d'un coup-de-poing, avant de le forcer à mettre un coup ou une claque à la victime, sous peine de lui faire subir le même sort.M e Rajjou a plaidé l'acquittement. Il a partiellement été suivi par la cour, qui a requalifié les charges pesant contre Damien Cornuet en « violences volontaires sans ITT en réunion ». Elle le condamne à trois ans, dont 28 mois avec sursis et mise à l'épreuve, soit huit mois ferme, quantum que couvre exactement sa détention préventive.

Dangerosité criminologique

Les coups mortels aggravés ont, en revanche, été retenus à l'encontre de Jérémie Nozières et Morade Halleb. M e Appéré, défenseur du premier, avait déploré « l'absence d'éléments objectifs » et le flou des témoignages. Il y incluait celui Élodie, qui décrivait son client, Jérémie Nozières, s'acharnant sur la victime à coups de rangers. « Elle avait bu. Condamner quelqu'un sur un seul témoignage, c'est hasardeux ». Il a opposé à l'avocat général que « nul ne peut être responsable que de son fait ». Il s'est enfin interrogé sur le sens de la peine, quatre ans après les faits. Jérémie Nozières est condamné à huit ans de réclusion.M e Kerbérènes-Renaux, défenseur de Morade Halleb, a mis en avant l'honnêteté de son client, qui a tout admis, hormis les coups de barre métallique. « Comment éluder la présence de multiples punks ? », a-t-elle questionné. Mais son client, chez qui des « signes de dangerosité criminologique » ont été relevés, était l'initiateur de cette sauvagerie inouïe. Il est condamné à douze ans de réclusion

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