12 juin 2008
Les chômeurs ne pourront plus refuser deux « offres raisonnables » d'emploi, sous peine de sanction, à savoir la suspension provisoire de leur allocation.Le conseil des ministres a approuvé, hier, un projet de loi « relatif aux droits et aux devoirs des demandeurs d'emploi », qui durcit les sanctions contre les chômeurs refusant deux offres « raisonnables » (lire ci-dessous).
Vives critiques syndicales
Ce projet de loi, qui sera débattu au Parlement à partir du 23 juin, est un des « leviers » devant permettre au gouvernement d'atteindre son objectif de plein-emploi (5 % de taux de chômage) à l'horizon 2012, a indiqué l'Elysée. Les cinq confédérations syndicales représentatives (CGT, CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC) avaient déjà émis un avis négatif sur ce texte . Elles ont unanimement condamné, comme les partis d'opposition, un projet « malsain » (CFDT) « visant à stigmatiser le chômeur » (FO), et élaboré sans négociation avec les partenaires sociaux.La CGT a regretté que le texte reste flou sur le type de contrats jugés raisonnables (CDI, CDD, intérim). « Ce projet aborde le sujet à l'envers. Il définit des obligations pour les demandeurs d'emploi, alors que les obligations du service public de l'emploi n'ont pas encore été déterminées », avait estimé, le 26 mai, Annie Thomas, secrétaire nationale de la CFDT.
« Traque aux chômeurs »
« L'idée de faire la traque aux chômeurs, de considérer le chômeur comme un suspect, d'obliger les gens à prendre des petits boulots, de ne pas indemniser le chômage comme il mérite de l'être, ce n'est pas une bonne politique », a estimé, hier, le socialiste Pierre Moscovici.« Il ne s ' agit pas de " plus contrôler " » , a répondu le secrétaire d ' Etat à l 'E mploi , Laurent Wauquiez. « L ' ANPE prend des engagements pour mieux accompagner le demandeur d ' emploi et la contrepartie , c ' est que le demandeur d ' emploi s ' engage à accepter une offre quand elle est raisonnable » , a-t-il souligné.
© Copyright Le Télégramme 2009