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Morbihan

Lambert Wilson. « Un film pour susciter le débat »

11 juin 2008

Lambert Wilson et le réalisateur Vincent Garenq ont présenté, hier, en avant-première, à Lorient, leur nouveau film « Comme les autres ». <br/>Photo Patrick Hernot

L'acteur Lambert Wilson et le réalisateur Vincent Garenq ont présenté, hier soir à Lorient, « Comme les autres » en avant-première. Le film qui sortira dans les salles le 3 septembre aborde un sujet de société encore sensible : l'homoparentalité.Comment est né ce film ?Vincent Garenq. Le sujet m'est tombé dessus il y a dix ans. Un ami homosexuel m'annonçait qu'il partait en week-end avec un couple de lesbiennes pour faire un enfant. À l'époque, on n'abordait pas encore l'homoparentalité. J'ai d'abord envisagé d'en faire un documentaire. Puis une fiction après des témoignages d'hommes ayant fait appel une mère porteuse. J'ai d'abord sollicité deux acteurs plus jeunes. Mais leur réaction m'a incité à retravailler les personnages et faire appel à des comédiens plus mûrs.N'avez-vous pas hésité à donner votre accord après la lecture du scénario ?Lambert Wilson. C'est un très beau rôle qui offre une palette extrêmement variée à interpréter. Il y a une seule scène dans le film où mon personnage n'apparaît pas. Alors que souvent, je me sens sous-employé. Ici, le film aborde un sujet de société à travers la comédie et le drame. Le point de départ de l'histoire est extraordinaire : il est prêt à bousiller son couple pour devenir père.Avez-vous l'impression de porter un film militant ?Lambert Wilson. C'est avant tout une comédie romantique ; ce choix-là permet de faire naître le débat auprès d'un plus grand nombre sur la difficulté de ce parcours. Ce serait formidable si le film pouvait susciter le débat et faire évoluer les mentalités. Mais aujourd'hui, il est plus facile pour une femme célibataire d'adopter un enfant. Il y a encore de forts soupçons quand la demande émane d'un homme.Avec « Comme les autres », vous partez du principe que l'homosexualité est acceptée...Vincent Garenq. C'est la page après le coming out. J'aborde la question de la parentalité mais aussi de la mère porteuse. C'est aussi un bouleversement pour les femmes : l'utilisation du corps comme outil de procréation. Mais je sais qu'il est encore difficile dans certains endroits de vivre son homosexualité. En France, c'est la seconde cause de suicide chez les adolescents.Le cinéma peut-il faire évoluer les mentalités ?Lambert Wilson. Je le pense. Il y a beaucoup d'occasions dans la vie de ne pas s'intéresser aux choses qui nous indifférent : la misère, les étrangers... Mais ouvrir les yeux, regarder et écouter permet d'avancer. C'est pour cela que c'est plaisant de jouer des rôles qui s'ancrent dans la réalité.

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