11 juin 2008
Des cinq prévenus, seuls deux ont fait le déplacement, hier, à la cour d'appel de Rennes : l'un est considéré comme un simple consommateur, l'autre, comme le principal instigateur d'un trafic de stupéfiants entre le Maroc et la Bretagne. En première instance, le tribunal correctionnel de Brest avait d'ailleurs infligé à Christophe Fleury la plus lourde des condamnations : trois ans de prison ferme.L'affaire débute en avril 2006, quand les douaniers espagnols interpellent deux jeunes Brestoises à la frontière marocaine. À bord de leur camionnette, 47 kg de résine de cannabis. La conductrice, qui écopera de 44 mois de prison, est la petite amie de Christophe Fleury. Âgé d'une quarantaine d'années, il n'est pas un inconnu pour la Justice : condamné à une lourde peine pour vol à main armée, il est en cavale depuis 2001. Persuadés que les deux jeunes femmes n'ont pu monter un tel coup seules, les enquêteurs espagnols et français remontent la piste du repris de justice.
« Recouvrementde dettes »
De la drogue est saisie, mais en petite quantité, chez Christophe Fleury et ses complices présumés de la région brestoise. Pourtant, son train de vie et ses voyages entre le Finistère et l'Espagne ne plaident pas en sa faveur. Hier, devant le juge, il a de nouveau nié avoir jamais mis les pieds au Maroc. Tout juste a-t-il reconnu se livrer au « recouvrement de dettes » auprès de toxicomanes. Le parquet n'est pas convaincu : l'avocat général a requis cinq ans de prison contre Christophe Fleury et de deux à trois ans contre ses trois complices présumés. Des peines plus lourdes que celles prononcées par le tribunal de Brest. Il a proposé une peine avec sursis pour le seul consommateur de ce dossier. L'affaire a été mise en délibéré.
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