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Finistère

Meurtre à Brest. Deux ans ferme au routard

21 mai 2008

Luca Scarascia, un routard d'origine italienne, a été condamné hier, par défaut, à deux ans de prison par le tribunal correctionnel, pour n'avoir pas secouru la victime de coups mortels, à Brest, en août 2004.André Morvan n'aura pas seulement eu une mort horrible. Il aura été aussi à l'origine d'un terrible fiasco judiciaire qui n'en finit pas d'éclabousser sa mémoire.André Morvan, c'est ce malheureux promeneur, à la gentillesse vantée par tous, qui a eu le malheur de traîner un soir d'août à proximité d'un hangar du port où il avait travaillé. Squatté, le bâtiment abritait une bande d'une quinzaine de punks avinés, réunis pour fêter l'anniversaire de l'un d'eux, Luca Scarascia.Frappé gratuitement à coups de poings, de pied, de barre de fer, l'ancien ouvrier, âgé de 56 ans, était traîné au bord du quai « par cinq ou six individus » et jeté cinq mètres plus bas sur le pont d'un sablier. Il devait décéder trois jours plus tard.

Procès tronqué

André Morvan n'a même pas pu reposer en paix. Des dix hommes et femmes gardés à vue, seuls deux, puis trois ont été mis en cause. Les autres, dont certains apparaissent aujourd'hui bien plus impliqués qu'il n'y semblait de prime abord, se sont évanouis dans la nature, par le bon vouloir de certains magistrats, apparemment dépassés par les événements, et au grand dam des enquêteurs.En décembre 2006, le procès d'assises faisait les frais de ces incompréhensions. L'un des trois hommes dans le box n'était probablement pas le bon et les deux autres centraient leurs accusations sur Luca Scarascia. Cité comme simple témoin, le routard avait senti le piège se refermer sur lui mais avait pu quitter les lieux, avec l'assentiment de l'avocat général et d'un président peu inspirés. Renvoyé au bout de trois jours, le procès est à nouveau programmé à compter du 17 juin prochain.

Rebelote

Luca Scarascia ne sera pas dans le box des accusés, comme l'aurait souhaité la représentante de la famille de la victime, M e Serpollet. Hier, cet Italien de 33 ans était cité à comparaître, en correctionnelle... pour une « simple » non-assistance à personne en danger.Le 8 avril dernier, faute d'une citation dans les règles, le fond du sujet n'avait pu être abordé. Cette fois encore, le prévenu brillait par son absence, mais son témoignage a été recueilli entre-temps. « Il dit qu'il a vu le visage tuméfié de la victime, mais qu'il n'a pas participé aux coups. Il aurait eu le temps d'avertir les secours », argumente le représentant du parquet, pour justifier cette prévention pour le moins réductrice.

Le tribunal se déclare compétent

En face, on soulève « l'incompétence du tribunal ». « Il ressort aujourd'hui que les principales violences, causes directes de la mort, ont été commises par Luca Scarascia. Il a maintenu qu'il avait une relation sexuelle au moment des faits. Mais sa compagne a reconnu, depuis, qu'elle avait menti, sous la menace », rappelle M e Serpollet. « Si on le condamne aujourd'hui, on va purger la prévention ». Ses craintes se sont confirmées.Luca Scarascia a été également condamné à verser 1.000 € à la femme et à la fille d'André Morvan. Pas sûr que cela lui permette de trouver la paix qu'il mérite.

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