17 mai 2008
Le Livre blanc ne donne pas d'indications claires sur la construction d'un second porte-avions. L'avenir de ce navire est entre les mains du président de la République qui annoncera sa décision en juin.Le Livre blanc insiste sur la nécessité d'équiper correctement les armées tout en mettant l'accent sur la crédibilité des programmes d'équipement. L'avenir du second porte-avions dépend de cette volonté. Outre son coût, évalué à trois à quatre milliards d'euros, les délais de construction qui ne permettront pas une entrée en service lors de la prochaine immobilisation prolongée du Charles-de-Gaulle, prévue en 2015, pourraient peser lourd dans la balance. La décision de le construire ou non sera prise par le président de la République lors d'un conseil de Défense réuni début juin à l'Élysée.
« J'ai fait mon boulot »
L'amiral Pierre-François Forissier, chef d'état major de la Marine, qui était hier à Brest pour une première visite des personnels dans le cadre de la fonction qu'il assure depuis trois mois, s'est gardé d'entrer dans le champ des décisions politiques sur ce sujet. « J'ai fait mon boulot, les autres aussi. Le dossier est de bonne tenue. Il est sur le bureau du président de la République. Laissons celui-ci tranquille, il n'est pas convenable de mettre le président sous pression ».
Quid des autres constructions ?
D'ores et déjà, le syndicat CFDT du groupe de construction navale DCNS s'inquiète, « dans le cadre d'une situation budgétaire de l'équipement des forces armées particulièrement tendue » du programme portant sur ce second porte-avions français. Elle pense aussi aux autres constructions. En effet, les premières tranches fermes de programmes importants sont en cours de réalisation, comme les frégates multi-missions ou les sous-marins nucléaires d'attaque Barracuda. Selon la CFDT, certaines hypothèses du Livre blanc feraient état d'un étalement de ces deux programmes. Lors d'un CCE qui s'est tenu cette semaine, la direction de DCNS a souligné que des cadencements (délais de livraison entre deux unités) de plus de douze mois pour Fremm et trente mois pour Barracuda seraient « ingérables industriellement et socialement ».
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