7 mai 2008
Tombé en désuétude pendant des années, le viager revient au goût du jour en France, porté par le difficile financement des retraites et les prix élevés de l'immobilier.« Nous sommes passés de quelques centaines de vente en viager à environ 8.000 transactions pour ces dernières années » en France, constate Pierre Bazaille, notaire à Lyon.Et cette tendance va se poursuivre. « Vu le financement de plus en plus incertain des retraites, la rente viagère représente un complément financier non négligeable », explique-t-il. Si la hausse des prix de l'immobilier ralentit, le boom de ces dernières années a profité aux seniors (plus de 60 ans). Leur patrimoine immobilier est valorisé à 700 milliards d'euros et 65 % d'entre eux sont propriétaires de leur résidence principale. « Mais ces retraités ne sont pas riches pour autant. Il est donc logique qu'ils se tournent vers la formule du viager », souligne Corinne Griffond, membre du Conseil économique et social.
Un marché qui attire
La vente en viager associe un vendeur âgé qui transfère la propriété de son bien, en gardant le droit d'y vivre, à un acheteur en contrepartie du versement d'une somme fixe et d'une rente qu'il perçoit jusqu'à son décès.La fiscalité attrayante de ce système et son indexation sur l ' inflation sont autant d ' autres avantages pour les seniors. Résultat, les agences immobilières sont de plus en plus nombreuses à se spécialiser dans ce domaine et le viager attire aussi des investisseurs soucieux de diversifier leurs placements depuis la chute des marchés boursiers. « Certains de mes clients achètent 10 voire 20 appartements, cela leur permet de se procurer un bien avec des décotes de 20 % à 50 % par rapport au prix du marché » , explique Michel Artaz, président du centre européen du viager.
Des garde-fous
Et pour ceux qui ne voudraient pas se retrouver dans la même situation que Michel Galabru face à un Michel Serrault « immortel » dans Le Viager, il existe des garde-fous. Le vendeur peut s'engager à toucher la rente pendant seulement 20 ans . A l ' inverse, une clause peut prévoir que l ' acheteur pa i era pendant au moins dix ans même en cas de décès prématuré du vendeur. De quoi rassurer les héritiers ou les futurs acheteurs...
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