5 mai 2008
Le président de la République, en baisse dans les sondages, a besoin de reconquérir son électorat de droite. Comment ? Le débat brûlant sur l'école pourrait en fournir la clé.
A la traîne
C'est pour tenir sa promesse d'une réforme de l'école - qui sera l'un des tests de son quinquennat - que le président de la République nomma, rue de Grenelle, un agrégé de lettres qui fut directeur de cabinet de François Bayrou, puis ministre délégué auprès de Luc Ferry : Xavier Darcos. Grande culture classique, Darcos, auteur d'un pamphlet « L'art d'apprendre à ignorer », avait le profil idéal du ministre de droite déterminé mais habile. A lui de résoudre l'équation : la France, qui dépense plus que la plupart des autres pays occidentaux pour l'école primaire et secondaire, n'arrive, selon l'OCDE, qu'à la 19 e place sur 57 pour le niveau en sciences de ses élèves de 15 ans.
Déplaire à la gauche
Les débuts furent prometteurs au point que Darcos apparut vite comme un rival de « l'autre Xavier » (Bertrand) pour la succession de François Fillon : en annonçant la suppression du samedi matin, le ministre ralliait 80 % des parents et récupérait de quoi payer un million d'heures supplémentaires pour le soutien aux élèves en difficulté. « Je vais faire du mammouth un athlète ! », proclamait-il.Mais il fallait bien aborder les sujets qui fâchent : la réduction du nombre d'enseignants et la continuité du service public par l'organisation d'un service minimum. L'expérience, lancée en janvier, ne fut pas un succès, 2.000 communes seulement sur 22.000 organisant une garde des enfants tandis que les maires de gauche, Bertrand Delanoë en tête, criaient à la « casse » du droit de grève.
Darcos y croit
Pourquoi Darcos, battu entre-temps à Périgueux, a-t-il relancé samedi, devant la deuxième fédération de parents d'élèves de l'école publique (Peep) cette proposition qualifiée de « chiffon rouge » par le secrétaire général de la FSU, Gérard Aschieri, mais aussi par la première fédération de parents, la FCPE, qui se réunira samedi prochain à Epinal, et cela, à dix jours d'une grève nationale ? Parce qu'il y croit, bien sûr, et que les parents se plaignent de l'absentéisme des professeurs. Mais surtout parce que le président de la République, en baisse dans les sondages malgré son intervention télévisée, a besoin de reconquérir un électorat de droite désorienté. Rien de tel pour cela qu'un bon vieux combat droite contre gauche.
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