3 mai 2008
Depuis fin mars, 35.000 familles d'élèves de 6 e ont obligation de répondre à une enquête menée à l'échelle nationale. Seize pages de questions, dont certaines dépassent la ligne rouge, selon des parents d'élèves.
Seize pages d'interrogatoire
« Où votre enfant est-il né ? Est-il né Français ? Où êtes-vous né ? En quelle année votre enfant est-il arrivé en France ? En quelle langue parlez-vous habituellement à vos enfants ? Quel est le montant mensuel dont votre famille dispose ? Combien de pièces d'habitation compte votre logement ? L'enfant a-t-il sa chambre ? »... Sans oublier diverses questions sur l'évaluation de l'établissement concerné. Le questionnaire a de quoi surprendre. Un document à but statistique de seize pages, censé être destiné à mieux comprendre les parcours scolaires et les difficultés des élèves.Aux collèges Parc-ar-C'hoad de Moëlan (29) et des Sables-Blancs de Concarneau (29), la fronde s'organise. Mercredi, une réunion publique était organisée pour sensibiliser les parents d'élèves à cette enquête, menée par la Direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance, à l'Éducation nationale.« Ces enquêtes sociologiques datent des années 70. Mais il y a là des nouveautés qui ne nous plaisent pas. Comme ces questions sur la nationalité, et son caractère obligatoire », explique Thierry Chancerel, administrateur national de la Fédération des conseils de parents d'élèves (FCPE). Et les parents qui refuseraient de répondre s'exposent à des sanctions, allant de 150 à 2.250 d'amende. De plus, les élèves feraient par la suite l'objet d'entretiens individuels, sans leurs parents.Autre inquiétude : la question de l'anonymat, en principe préservé. « Notre crainte est que ces données ne servent pas seulement à l'Éducation nationale. Surtout dans le contexte actuel de chasse aux sans-papier », avance Maryse Rioual, présidente de l'association des parents d'élèves du collège de Moëlan.
La mobilisation enfle
Beaucoup de parents auraient déjà répondu au questionnaire, qui était à retourner avant la mi-avril. D'autres, soutenus par la FCPE, ont décidé d'entrer en résistance. Ils réclament la suspension de la diffusion du questionnaire, et le retrait immédiat de certaines questions.
Une pétition sur internet :
http://www.lapetition.be/en-ligne/non-au-panel-des-35000-2159.html
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