29 avril 2008
Il faudrait s'habituer à des printemps sans coccinelles ? Par chance, les insecticides n'ont aucun effet sur les 22 Pistepirkko (coccinelles à 22 taches), fantasques rockers finlandais, en concert à Brest, samedi (*).Ils ont beau avoir l'une des plus faibles densités de population au monde, les Finlandais ont quand même fourni au monde des arts quelques spécimens pas piqués des hannetons. Prenez le cinéaste Aki Kaurismaki. Le 7 e art lui doit les bananes géantes et les boots des « Leningrad cowboys go America » ou les faux pas loufoques de « L'homme sans passé ».
Concentré rockacoustique et electro
Côté rock, les plus géniaux ambassadeurs du pays sont assurément les « 22 Pistepirkko ». Depuis 1980, ce trio, composé des frères Kerãnen et de leur copain d'enfance Espé, expérimente tous les recoins de la musique pop. Croisements de Dylan, Neil Young et des Ramones, ils se sont aventurés du trip hop à l'electro avant de revenir aux guitares dans leur avant dernier album, « Drops & Kicks ».Quoi qu'ils fassent, ils conservent une jeunesse, une inventivité sans pareille, alliée à un fabuleux sens de la mélodie. Leur dernier opus, « (Well you know) Stuff is like we yeah ! » est un concentré de tout ce cheminement : du rock garage, des décollages psychédéliques, des parenthèses acoustiques et electro, toujours hantés par la voix haute perchée de Hannu Keränen. Sur scène, leurs performances sont inoubliables, souvent jalonnées des facéties de Asko Kerãnen, le bondissant bassiste-claviériste.
« Un voyageà travers la pop music »
L'un des derniers convertis à leur musique n'est autre que Chris Bailey. Habituellement, le leader des « Saints » ne se prive pas d'égratigner ses homologues. Mais, bluffé par le son des 22 Pistepirkko, il écrivait récemment : « Leur dernier disque est magique. Alors que la plupart des enregistrements actuels ne sont qu'une succession de morceaux pré-marketés, le paysage musical des 22 Pistepirkko est un tour de force. Chaque chanson a sa propre personnalité, le tout combinant un voyage à travers tout ce qui fait la gloire de la pop music ».
* Samedi, à 20 h 30, au Vauban, à Brest. Jellyfuzz en première partie (18 /13 abonnés Memo)
© Copyright Le Télégramme 2009