29 avril 2008
Scolariser son enfant dès deux ans est un choix auquel les Bretons sont très attachés. Les mobilisations d'élus, parents et enseignants en ce sens le prouvent. Mais comment les municipalités gèrent-elles cette nouvelle donne pour la rentrée de septembre ?Pas de grand changement finalement. Toutes les communes interrogées prennent, comme avant, les inscriptions des enfants qui auront deux ans au plus tard le 31 décembre. « Nous sommes dans le cadre d'une réglementation qui invite à les inscrire dans la limite des places disponibles. Cette réglementation n'ayant pas changé, notre fonctionnement non plus... », explique Alice Desprez, de la direction Éducation Enfance de la mairie de Brest. « Nous sommes très favorables à cette scolarisation. Ce n'est pas à nous d'y faire barrage. Si barrage il doit y avoir, il viendra de l'Éducation nationale... ».
Pas de refus à Vannes
À Vannes, où plus de 500 enfants étaient concernés en 2007, le député-maire François Goulard confie que « l'on ne prévoit pas de refus d'inscription. Ce n'est pas un sujet de tension pour la ville. Nous pouvons recevoir ces enfants dans nos écoles et nous avons également des places en crèche et chez les assistantes maternelles ».À Lorient, la municipalité enregistre elle aussi toutes les inscriptions. « Il faut dépassionner ce débat. Il n'y aura pas de grand chambardement en septembre. Actuellement, suivant les quartiers, nous avons entre 16 et 20 % d'enfants de deux ans dans nos établissements et ce, sans en refuser un seul. Les parents ne doivent pas angoisser, ils conserveront le droit de choisir ce qu'ils pensent être le mieux pour leur enfant », souligne Danièle Garnier, adjointe aux affaires scolaires.
Continuer la mobilisation
À Quimper, où 323 enfants sont concernés (109 de moins que l'année précédente), son homologue, Denise Cariou, confirme qu'aucune consigne de refus n'a été donnée aux directeurs. L'élue s'avoue néanmoins inquiète pour l'avenir de la maternelle. « C'est tellement important, tant pour la sociabilisation de l'enfant que pour l'émancipation des mamans. Si demain, elles ne peuvent plus les mettre à l'école, elles doivent rester à la maison ? Il faut continuer à se mobiliser pour ce sujet ».Une mobilisation « jusqu'à la bataille si nécessaire » à laquelle croient Christian Perron, le maire de Guémené-sur-Scorff (56), et Daniel Couic, maire de Pont-l'Abbé (29). « Nous prenons toutes les inscriptions. Je me refuse même à envisager d'autres solutions. L'école à deux ans donne d'excellents résultats et permet aux enfants de milieux défavorisés d'être sociabilisés. On ne doit pas revenir là-dessus ».
Un problème pourles petites communes
Dans les petites communes, le sujet est plus anxiogène, « car nous n'avons pas les moyens de financer une crèche », raconte Paul Guéguen, le maire de Confort-Meilars (29). « Nous prenons les inscriptions de ces enfants car c'est ce que souhaitent leurs parents. Si demain, nous ne pouvons plus les accueillir dans nos écoles et que nous n'avons pas de crèche, les familles iront habiter ailleurs. Ce sera un frein pour le développement de notre commune. Pourtant, nous avons eu quinze naissances l'an dernier... ».Pour François Goulard, à Vannes, « l'objectif de 50 % d'enfants de deux ans scolarisés, d'ici cinq ans, en Bretagne, permet d'avoir de la souplesse en zone rurale et ça laisse le temps d'articuler d'autres réponses dans les villes ». Plusieurs municipalités y réfléchissent déjà afin de ne pas être « prises de court », comme à Plérin (lire par ailleurs) mais aussi « en interne », à Brest, ou encore à Quimper qui pensent aux jardins d'enfants qui reçoivent exclusivement des petits de plus de deux ans non scolarisés ou scolarisés à temps partiel.
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