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Economie

Trajet domicile-travail. Toujours plus loin

23 avril 2008

Sept salariés bretons sur dix travaillent en dehors de leur lieu de résidence.<br/>Pholto Claude Prigent

Les salariés bretons travaillent de plus en plus loin de leur lieu de travail. La moitié d'entre eux parcourt 14 km pour se rendre à l'entreprise, mais pour certains, c'est plus de 100 km ! Coût trop élevé du logement dans les centres urbains, conjoint travaillant dans une autre commune, ruraux venus travailler à la ville... Pour des raisons multiples, 70 % des salariés de la région (hors salariés agricoles et agents de l'Etat) travaillent en dehors de leur lieu de résidence. Selon une étude de l'Insee, le phénomène s'est accentué de 8 % entre 1999 et 2004 en Bretagne, où près de 60 % des emplois sont localisés dans les pôles urbains (contre 77 % en France).

Communes satellites

Au fil des ans, des communes satellites se sont développées autour des grands centres. « Le phénomène se poursuit, on voit les constructions sortir de terre dans les villes et dans leurs première, deuxième, voire troisième couronnes », commente Bernard Le Calvez, le directeur de l'Insee Bretagne.

Les hommes plus mobiles

Le pôle péri-urbain breton, entre villes et campagnes, s'est agrandi de 159 communes sur les cinq années de l'enquête, essentiellement autour des chefs-lieux de département. Les aires d'attraction de Rennes et Saint-Brieuc ont gagné respectivement 33 et 22 communes. L'étalement autour de Vannes et Quimper est plus modeste avec 8 et 7 communes supplémentaires. Lorient ne compte que 3 communes satellites de plus et Brest aucune.En Bretagne, les hommes sont en général plus mobiles que les femmes : lorsqu'ils se déplacent, ils parcourent en moyenne 26 km contre 20 pour les femmes. Et les ouvriers bougent davantage. Cette particularité peut s'expliquer par l'implantation géographique des établissements de l'industrie agroalimentaire dans des petites et moyennes communes. Ces dernières ne disposent pas forcément d'un parc résidentiel suffisant pour accueillir les salariés. Parallèlement, le co-voiturage se développe et s'organise dans les entreprises.

Jusqu'à 30 km

Chez Bic-Sports, les nouveaux salariés investissent dans la première couronne à une quinzaine de kilomètres, à Theix ou à Elven, voire à une trentaine de kilomètres dans la seconde couronne, à Grand-Champ ou Muzillac. Chez Armor-Lux à Quimper, nombre de salariés habitent également dans un rayon de 30 km, jusqu'à Châteaulin. Un salarié, dont la compagne travaille à Brest, fait chaque jour le trajet entre les deux villes.Même constat au Joint Français à Saint-Brieuc, où les nouveaux collaborateurs résident le plus souvent dans un rayon de 25 km, à Lamballe ou à Pléneuf-Val-André par exemple. Un salarié fait quotidiennement le trajet entre Fougères, où travaille son épouse, et la ville briochine.

Enquête de l'Octant.

Nº 112 d'avril 2008www.insee.fr/bretagne

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