17 avril 2008
Lorsque les commandos français leur sont tombés dessus, en plein désert, les six preneurs d'otage somaliens n'ont plus rien maîtrisé. C'est qu'un puissant dispositif militaire planait depuis plusieurs jours au-dessus de leur tête.Suivis à la trace par un aviso, accompagnés à distance par une frégate et la Jeanne-d'Arc, pistés en altitude par un Atlantique II, rattrapés en hélicoptère puis interceptés par des commandos d'élite. Ces moyens déployés par la marine n'étaient que la partie visible du dispositif.
Le travail de dentelledes forces spéciales
Sans se faire remarquer, des nageurs de combat du commandant Hubert (Toulon) auraient même poussé jusqu'à évoluer de nuit, sous la coque du Ponant. Trop délicat d'intervenir à cause du courant. Surtout trop risqué pour les otages.Les autorités ont patiemment attendu le paiement de la rançon et la libération des 29 otages pour lâcher quatre hélicoptères aux basques d'un 4X4 traçant dans le désert.Les yeux de l'armée n'ont rien manqué, de la transaction au départ dans le désert de la moitié du groupe des pirates. Un tireur d'élite a réussi à neutraliser le véhicule de la porte grande ouverte d'un premier hélicoptère. La dizaine de commandos largués de trois autres hélicoptères a facilement intercepté les fuyards qui tentaient de s'évanouir dans le désert. Chargés dans le plus gros hélicoptère, ils étaient emmenés vers un navire français croisant au large.En deuxième rideau, une trentaine de commandos supplémentaires se tenait prête à intervenir si besoin, pendant qu'une dizaine de spécialistes du GIGN en avait terminé avec le volet négociation. En cas d'issue violente, les marins avaient même prévu un hôpital de crise sur la Jeanne-d'Arc, avec des renforts et des poches de sang arrivés de Djibouti.
Rien au hasard
Cette capacité de mise en oeuvre n'étonne pas du tout l'amiral Laurent Mérer, précédent préfet maritime de l'Atlantique et surtout commandant des forces françaises en océan Indien entre 2001 et 2002. « Cette opération n'est certainement pas le fruit du hasard, elle prouve combien la présence de la France dans ce secteur se justifie pleinement ». Laurent Mérer observe toutefois que la moyenne d'âge des navires ayant participé à cette opération est de 27 ans, pas loin de leur durée de vie maximum (30 ans).« En ces temps de discussion sur le remplacement et la pérennisation des moyens de la marine, il faut espérer que le nombre de bâtiments à la mer (frégates notamment) ne sera pas revu à la baisse, surtout si la France veut continuer à sécuriser cette route maritime et les concitoyens qui l'empruntent » ajoutait l'amiral toujours aussi actif sur le sujet.« Nous avons marqué un point important dans le domaine de la lutte anti-piraterie », ajoutait, mardi soir, Jérôme Erulin, le commandant du Sirpa-Marine. « Mais on sait parfaitement que cela ne règle en rien le problème, que cette intervention est tout juste un avertissement qui aura, on l'espère, une incidence positive pour les navires battant pavillon français dans le secteur ».
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