16 avril 2008
L'accident de pêche reste la thèse privilégiée par le parquet de Quimper, dans l'enquête sur le naufrage du Bugaled-Breizh. Le chalutier de Loctudy (29) avait fait naufrage en janvier 2004 au large du Cap Lizard, provoquant la mort de cinq marins. Une position confirmée, hier, par Jean-Yves Goueffon, l'adjoint au procureur de la République.Le parquet de Quimper vient de rendre des réquisitions visant à accélérer les dernières investigations en cours pour arriver à la clôture de l'information judiciaire. Il y présente son analyse de l'instruction. « Elle tient compte de toutes les expertises faites dans ce dossier », souligne le magistrat. Une analyse qui privilégie une croche sur le fond, combinée à une forte houle et au maintien de portes ouvertes.
Rapport Ifremer :« Approche réductrice »
Ces réquisitions font suite à l'annonce, par les parties civiles (Le Télégramme-Dimanche), d'un rapport des juges d'instruction évoquant la thèse d'une croche par un sous-marin comme l'hypothèse la plus sérieuse. Une position déjà évoquée en juin dernier, mais cette fois inscrite noir sur blanc dans un rapport joint à l'instruction. La première annonce avait d'ailleurs provoqué la même réaction du parquet.Le rapport d'enquête complémentaire, commandé en août dernier par le juge Folzer au Laboratoire de technologie des pêches de l'Ifremer, écartant la thèse de la croche molle comme cause du naufrage, ne semble pas convaincre davantage le parquet. « Cette étude menée à partir d'un logiciel de simulation n'intègre pas tous les paramètres comme la position du bateau par rapport à la houle ou l'état de la mer. Il s'agit d'une approche réductrice de la réalité », poursuit Jean-Yves Goueffon.
« On ne pourra pasaller plus loin »
« Après plus de quatre ans d'enquête, nous sommes allés très loin dans la recherche de la vérité. Le parquet considère que l'on ne pourra pas aller plus loin en l'état actuel du dossier », souligne le procureur adjoint.Comme Anne Kayanakis, le procureur de la République l'avait souligné en juin, M. Goueffon évoque à son tour le non-lieu. « Si on reste au stade actuel du dossier, il est vraisemblable que l'on se dirige vers un non-lieu ». Une situation qui pourrait conduire la chambre de l'instruction à arbitrer le dossier.
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